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Le ministre de l'Intérieur s'exprime sur les récentes nominations de cadres sécuritaires

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HEDI MAJDOUB
ASSOCIATED PRESS
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Le ministre de l'Intérieur, Hedi Majdoub est revenu sur les dernières nominations au sein dudit ministère lors d'une interview accordée au journal arabophone Akher Khabar, mardi 20 septembre.

Majdoub a rappelé lors l'entretien que les nominations relèvent des prérogatives du chef du gouvernement, selon ce que prévoit la constitution "même lorsqu'il s'agit d'une simple nomination d'un chef de service d'une municipalité" selon ses dires.

Toutefois, ce dernier précise que le ministre de l'Intérieur est en mesure de proposer des noms. "Le chef du gouvernement ne peut pas dicter une liste de nominations au ministre de l'Intérieur sans le consulter au préalable. Les deux parties doivent se concerter avant la prise de décision finale qui revient au chef du gouvernement" indique-t-il.

Interrogé sur d'éventuelles pressions auxquelles il aurait été confronté pour changer certains cadres à l'instar de Abderrahmen Haj Ali, Directeur Général de la Sécurité Nationale, Majdoub a indiqué qu'il n'a subi aucune pression "directe" en ce sens"contrairement à ce qu'ont relayé quelques médias", selon ses dires.

Et d'ajouter: " Personne ne m'a demandé de proposer au chef du gouvernement de changer le Directeur Général de la Sécurité Nationale". Toutefois, le ministre ne nie pas qu'il y a eu des désaccords autour de la formation d'un groupe de travail proprement dit et non, pour la nomination d'une personne ou l'éviction d'une autre.

Intervenant sur les ondes de Shems fm, Majdoub, a estimé que les responsabilités sécuritaires comme les autres sont régies par la passation des responsabilités.

A propos des syndicats

Hedi Majdoub a admis que lors de sa nomination à la tête du ministère de l'Intérieur, la relation entre le ministère des les syndicats était assez tendue. Selon lui, ces différends sont dus à la différence d'orientation des syndicats, certains sont plutôt "réformistes" et d'autres "révolutionnaires" .

"Lorsque j'ai été désigné à la tête du ministère, j'ai pris en main le dossier de la situation matérielle des sécuritaires vu la situation sociale difficile dans laquelle ils se trouvaient", fait il savoir.

Toutefois, en ce qui concerne les dépassements commis par certains cadres syndicaux qui ont émis des déclarations jugées politiques, le ministre a indiqué qu'il s'agit de graves infractions puisque toutes les composantes de l'institution sécuritaire n'ont nullement le droit de s'immiscer dans la vie politique.

"Nous avons pris des mesures contre plusieurs responsables sécuritaires et en avons poursuivis d'autres, nous n'avons jamais interdit à un agent de dénoncer des dépassements mais de le faire dans un cadre administratif et non dans les médias" lance-t-il.

Un appareil sécuritaire dictateur ?

Selon Hedi Majdoub, les dépassements sécuritaires ne sont pas une première dans l'histoire de la Tunisie. Il renvoie leur origine à la dictature dans laquelle se trouvait le pays avec, en l'occurrence, un appareil sécuritaire dictateur, forcément.

"Ajoutons à cela, les conditions sociales difficiles qui font qu'une bonne partie des sécuritaires sont une proie facile pour les dépassements", poursuit-il.

Le ministre de l'Intérieur précise que les choses ont évolué depuis 2011 avec l'émergence de valeurs démocratiques, défendant les droits et les libertés.

Selon lui, pour éradiquer les dépassements sécuritaires il faut, d'une part, former une nouvelle génération de sécuritaires en leur inculquant les valeurs de la démocratie et le respect des droits humains en améliorant leurs conditions de vie.

D'autre part, il faut neutraliser les dépassements en jugeant chaque sécuritaire qui commet des dépassements. " C'est ainsi que nous avons procédé avec les agents qui ont commis des dépassements à l'encontre d'un citoyen à Dahmani. Nous avons ouvert une enquête puis arrêté les agents en question", précise-t-il.

Pour rappel, le ministère de l’Intérieur a rendu public, le 17 septembre 2016, un communiqué relatant une liste de nouvelles nominations au sein des directions du ministère.

Rached Bettaïeb a été désigné directeur Général de la sécurité publique, Ramzi Rajhi Directeur Général des services spéciaux, Ghazi Khemiri Directeur Général des services communs et Sami Hichri inspecteur général de la sécurité nationale.

Intervenant sur les ondes de Shems fm, Majdoub, a estimé que les responsabilités sécuritaires comme les autres sont régies par la passation des responsabilités.

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