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Désintox: Le Parti de l'Istiqlal a-t-il toujours été pour le pluralisme politique et syndical?

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HAMID CHABAT
Moroccan politician and the current Istiqlal Party chief Hamid Chabat, who is also the mayor of Fez, flashes the sign for victory during a demonstration against the Islamist government and the high cost of living after price rises of staple goods on September 22, 2013 in the Moroccan capital, Rabat. Up to 5,000 people took part in the protest after a call by the UGTM trade union which is close to the nationalist Istiqlal party. AFP PHOTO / FADEL SENNA (Photo credit should read FADEL SENNA | Fadel Senna/AFP
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ÉLECTIONS - "Le parti de l'Istiqlal a toujours été pour le pluralisme politique et syndical, et a poussé dans le sens de l'adoption du code des libertés publiques en 1958". C'est ce qu'a déclaré le secrétaire général du Parti de l'Istiqlal (PI) Hamid Chabat, lors d'une conférence qui s'est tenue la semaine dernière, dédiée à la présentation du programme politique du parti. Qu'en est-il réellement?

Au lendemain de l'indépendance, la volonté de l'Istiqlal d'installer un parti unique s'est clairement manifestée. Le parti cherchera à dissoudre plusieurs formations politiques dans ses rangs. C'est "dans ce contexte qu'intervient l'intégration du PRN en 1956. Mais le parti de Allal Al Fassi n'a pas pu convaincre tout les partis de sa conception, ce qui oblige l'Istiqlal à procéder à des offensives contre les partis opposés à son choix stratégique", note Inan Abassi, dans un mémoire sur le phénomène partisan au Maro.

Dans une conférence faite le 16 octobre 1959, le leader Allal Al Fassi déclarait que "si une nation choisit librement de constituer un parti unique, cela ne peut qu'assurer son bonheur et personne n'a le droit de l'obliger à créer artificiellement d'autres partis".

"Quand, en octobre 1957, est annoncée la constitution de Mouvement populaire (MP), l'Istiqlal dénonce avec énergie la création de 'partis artificiels qui ne peuvent que servir de refuge aux collaborateurs notoires et aux féodaux'", poursuit Inan Abassi, qui rappelle que "l'Istiqlal impose même l'interdiction du nouveau parti accusé de n'être que l'instrument des complices du gouverneur rebelle Addi ou Bihi, et s'oppose au dahir sur les libertés publiques privant d'autres partis de la possibilité de se constituer", poursuit Inan Abbassi.

La réponse du palais ne va pas tarder: le 15 novembre 1958, le dahir formant code des libertés publiques autorise la constitution des partis politiques au Maroc. "C'est ainsi et conformément au même dahir, que Mahjoubi Ahardan va déclarer en février 1959 la constitution officielle du mouvement populaire", écrit Inan Abassi, qui relève que "porteur d'une idéologie berbériste et rurale, l'enjeu principal du MP était de faire contrepoids à la bourgeoisie citadine de l'Istiqlal".

Le gigantisme de l'Istiqlal n'était non plus "un signe de parfaite santé, sa faiblesse venait en premier lieu de l'antagonisme des tendances groupées en son sein". C'est pour cette raison qu'après la promulgation du décret sur les libertés publiques, une scission de l'Istiqlal donnera naissance à l'Union nationale des forces populaires (UNFP), naissance qui marquera la fin de l'ambition de l'Istiqlal de constituer un parti unique.

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