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Abdelilah Benkirane réagit à la marche "anti-PJD"

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BENKIRANE
Abdelilah Benkirane, Prime Minister of the Kingdom of Morocco, addresses the 69th United Nations General Assembly at the U.N. headquarters in New York September 25, 2014. REUTERS/Lucas Jackson (UNITED STATES - Tags: POLITICS) | DR
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ÉLECTIONS - "Ce n'est pas la première fois" que le Parti de la justice et du développement (PJD) est victime d'une telle instrumentalisation. C'est ce qu'a laissé entendre Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD et chef du gouvernement, lors de la conférence qui s'est tenue ce lundi matin, au siège du parti, pour la présentation de son programme électoral, au lendemain de la marche "anti-PJD" organisée dimanche à Casablanca.

Commentant la manifestation, le chef de file du parti de la lampe a clairement déclaré que les parties derrière son organisation étaient jusqu'ici "inconnues". "Je ne peux critiquer personne puisqu'on ne sait pas qui a appelé à cette marche", a déclaré Benkirane.

"100 dirhams et un déjeuner"

"Si les manifestants qui y ont participé sont vraiment contre moi, je peux l'accepter. Si certaines parties vous ont manipulé, je vous pardonne. Si ça se trouve, ils ne vous ont même pas donné ce qu'ils vous avaient promis, comme on a pu le voir dans les vidéos qui ont circulé après la manifestation. Certains se sont apparemment vus promettre 100 dirhams et un déjeuner", a-t-il poursuivi non sans ironie.

Abdelilah Benkirane n'a pas hésité non plus à comparer la manifestation de dimanche à d'autres organisées dans le passé, et qui le visaient lui et son gouvernement.

"Un jour, on a fait appel à des femmes, dont beaucoup de Soulaliyates venues de Ouarzazate,- et Dieu sait combien de problèmes elles ont là-bas- pour protester contre le fait qu'il n'y ait qu'une seule femme dans mon gouvernement", a-t-il lâché. Et d'ajouter: "ce n'est pas nouveau au Maroc".

Ramid "ould nass"

Alors que la tension est à son comble entre l'Etat-major du PJD et le ministère de l'Intérieur, après le message publié dimanche soir par Mustapha Ramid sur sa page Facebook, Benkirane a tenté d'apaiser les tensions.

"Ramid est un ould nass (fils de bonne famille), il est fidèle au roi et au pays, mais des fois, il perd patience. Le parti ne l'a pas poussé" à se prononcer sur cette affaire, selon le chef du gouvernement. "Moi-même, le ministère de l'Intérieur me propose des choses et il n'est pas nécessaire que j'en sois convaincu à 100%", a ajouté Benkirane.

Pour rappel, dimanche soir, le ministre de la Justice et des libertés a publié un message sur sa page Facebook, accusant sans le nommer le département de Hassad de l'écarter de toute décision ayant trait aux législatives.

"Durant les dernières élections communales (celles de septembre 2015, ndlr), le ministère de la Justice et des libertés décidait de tout ce qui avait trait aux élections avec le ministère de l'Intérieur...Actuellement, à trois semaines des élections du 7 octobre, il se passe des choses curieuses et bizarres. Le ministre de la Justice n'est pas consulté et ne prend pas de décision à ce sujet, ce qui signifie qu'il ne peut être tenu responsable de toute bassesse, régression, dépassement, ou dérive", a écrit Mustapha Ramid.

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