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Le PPS se solidarise avec son SG Nabil Benabdellah

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POLITIQUE - Très attendue, la réaction du Parti du progrès et du socialisme (PPS) au communiqué du cabinet royal qui recardait son secrétaire général Nabil Benabdellah a été publiée sur le site officiel du parti 14 septembre au soir.

C'est à l'issue d'une longue réunion que le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a pris position, à l'unanimité, en réponse au communiqué du cabinet royal. “Le bureau politique souhaite rappeler que le Parti du progrès et du socialisme, depuis sa création, travaille en toute responsabilité afin de défendre l’indépendance et l’unité territoriale du pays”, indique le communique du parti du livre, qui insiste sur le fait que “le PPS respecte les fondements de la nation et les institutions énoncées dans la Constitution, et à leur tête l’institution monarchique”.

Concernant les déclarations initiales de Nabil Benabdellah dans l’hebdomadaire Al Ayam, où il ciblait indirectement le conseiller du roi Fouad Ali El Himma (des propos corrigés depuis sur le site d’Al Ayam), le parti considère qu’elles rentrent “dans le cadre de la concurrence entre les partis et l’expression d’avis et de positions dans le cadre de l’évolution démocratique de notre pays”. Le PPS, dans son communiqué, exprime également son soutien à son secrétaire général, en rappelant qu’il est “le porte-parole officiel qui exprime les positions du parti”.

Au sujet du communiqué publié par le cabinet royal le 13 septembre, le PPS assure qu’il n’a jamais été question “de mêler l’institution monarchique” à ces “querelles partisanes”. Pour conclure, le parti rappelle que son but ultime n’est autre que de “renforcer les réformes politiques, consolider la dimension moderniste de l’expérience démocratique du Maroc dans le cadre d’une pratique saine de la démocratie, sous le haut patronage de l’institution monarchique”.

Sortie honorable de crise

Quelques heures avant la réunion, une source au sein de la formation politique considérait que les déclarations de Nabil Benabdellah "n'engagent pas que lui, mais le parti, qui le soutient. Le Parti du progrès et du socialisme a combattu pour la démocratie, et croit fermement qu'il ne peut y avoir de démocratie réelle tant que les partis ne seront pas indépendants". La réunion tenue par le bureau politique a, en quelque sorte, entériné cette prise de position.

La réponse du parti sonne, aussi, comme un retour au statu quo ante bellum. En plus de trouver une sortie de crise honorable, en exprimant le respect du parti vis-à-vis de l'institution monarchique, la réponse du parti exprime aussi le soutien du PPS à son secrétaire général, coupant court aux spéculations sur une possible désolidarisation du bureau politique avec Nabil Benabdellah, d'autant que le cabinet royal l'a spécifiquement désigné dans son communiqué, en soulignant que "cette affaire ne concerne que la personne ayant fait ces déclarations et qu'elle n'a aucun rapport avec le PPS, parti reconnu pour son rôle historique de militantisme et sa contribution constructive au processus politique et institutionnel national".

L’interview de la discorde

Une interview accordée par le secrétaire général du PPS Nabil Benabdellah à l'hebdomadaire Al Ayam est à l’origine du problème. Interrogé sur la possibilité de composer un gouvernement avec le Parti authenticité et modernité (PAM), Nabil Benabdellah a déclaré que le problème de son parti "n’est pas avec le Parti authenticité et modernité comme parti, mais avec son fondateur et celui qui est derrière ce parti, qui incarne le tahakoum". Une allusion directe au conseiller royal Fouad Ali El Himma.

Le même jour, Al Ayam rectifie le tir en publiant un correctif sur son site. Ce dernier nous apprend que Nabil Benabdallah critiquait non pas le fondateur du parti, mais "les fondateurs" du PAM.

Cet erratum n’a pas convaincu le cabinet royal qui a publié un communiqué mardi 13 septembre en début de soirée, en réaction à l’interview de Benabdellah, où il estimait que ces propos sont de caractère "dangereux, d'autant plus que ces déclarations émanent d'un membre du gouvernement, et que la personne visée occupe actuellement la fonction de conseiller de SM le Roi et qu'elle n'a plus aucune relation avec l'action partisane".

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