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Khaled Zribi: "Rien de plus normal qu'une panne technique dans une bourse"

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KHALED ZRIBI
Facebook/Khaled Zribi
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Khaled Zribi, président de la Bourse de Tunis est intervenu sur les ondes d'Express Fm, après avoir dressé brièvement le bilan de 2016, il revient sur la panne technique qu'a connu la bourse, dans la matinée du mercredi 14 septembre.

Une séance hors-normes:

Selon Zribi, la séance écourtée de mercredi est due à une panne technique "cela peut arriver dans toutes les bourses du monde" précise-t-il.

Et d'ajouter: "La panne est due à des micro-coupures qui se sont produites dans la nuit de mardi à mercredi, ce qui ne permet pas d'alerter le générateur. Le serveur était donc suspendu, ce qui a provoqué une surchauffe et un décalage entre les appareils. Les sondes ont détecté la surchauffe et les équipes techniques sont intervenues aussitôt pour régler le problème".

"Nous avions le choix entre redémarrer ou attendre un peu, nous avons préféré attendre ce qui a provoqué le retard du démarrage de la séance à 11h30, cela peut arriver", lance-t-il.

Les cotations à la Bourse de Tunis ont pu démarrer d'une manière "normale", jeudi 15 septembre, comme l'a indiqué cette publication:

Une année boursière difficile

Le président de la Bourse a critiqué les réactions dites négatives quant à cette panne surtout après l'annonce d'un volume de transaction de moins de 500 mille dinars que certains ont commenté par "un volume inférieur au prix d'une voiture".

Zribi s'est dit étonné de voir les gens comparer le volume de transactions de la bourse de Tunis à celui du Maroc en soulignant, dans ce contexte, que la capitalisation du Maroc dépasse de 10 fois celle de Tunis.

"Une banque marocaine vaut, à elle seule, les transactions de toutes les banques tunisiennes", poursuit-il.

Lors de son intervention, le directeur est revenu également sur le bilan de 2016 qui, selon lui, "avait bien commencé en début d'année, mais qui s'est mal terminée surtout à partir du mois de juin", a-t-il souligné.

"Cela fait trois ou quatre mois que le volume des transactions n'a pas dépassé les 3 millions de dinars. Le conseil d'administration réuni au mois d'août a conclu que si cette situation perdure, l'année boursière prochaine sera dure tout comme celle de 2014" a-t-il indiqué.

Cette baisse des transactions et des investissements est due selon lui à l'instabilité économique. En effet, la cherté de la vie empêche les gens d'épargner et par conséquent, d'investir.

Il remarque notamment que, vu la conjoncture socio économique, les Tunisiens préfèrent envoyer leur argent à l'étranger ou le stocker.

Un opérateur boursier commente

Contacté par le HuffPost Tunisie, Ahmed Ben Jemâa, opérateur en bourse est revenu sur les propos de Khaled Zribi, il joint son avis à celui du président de la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis et ajoute :

"Les commissions boursières sont corrélées avec les volumes boursiers, si les volumes restent aussi faibles c'est évident que l'année prochaine sera déficitaire, comme celle de 2014".

"La bourse a rarement été aussi déficitaire. Depuis le mois de juin, les transactions n'ont pas dépassé les 3 ou 4 millions ce qui nous éloigne des 10 millions par jours enregistrés avant 2010", poursuit-il.

Par ailleurs, un spécialiste interrogé par le HuffPost Tunisie sur les pannes techniques a indiqué que ce genre de pannes peut en effet arriver mais que cela traduit une certaine négligence surtout quand cela coïncide avec un long weekend comme celui de l'Aïd Al Adh'ha.

"En 2013, la même panne a eu lieu à la sortie d'un long weekend, je ne pense pas qu'il s'agit d'une coïncidence. On se pose la question de savoir s'il y a un service de contrôle ou s'il y a simplement quelqu'un pour aller vérifier les lieux en cas de weekend prolongés ou de fêtes nationales ou religieuses", précise-t-il en préférant garder l'anonymat.

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