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Accusé de plagiat, Achraf Baznani veut faire taire Le Desk et tous ceux qui le critiquent

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LE DESK
Capture d'écran de l'article publié le 11 septembre par Le Desk | Le Desk/Capture d'écran
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PLAGIAT - Accepter la critique constructive? Ce n'est définitivement pas le crédo du photographe Achraf Baznani. Dimanche 11 septembre, un article du Desk, titré “Achraf Baznani: Le mauvais génie plagiaire de la photographie”, s’est répandu comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. La journaliste Nouhad Fathi y explique, preuves à l’appui, comment le photographe marocain “a bâti sa carrière acclamée sur du plagiat pur et simple”.

Si l’artiste ne s’est pas exprimé publiquement suite à la publication de cette enquête où ses clichés côtoient les oeuvres qu’il a plagiées, il a choisi un autre moyen pour répondre à tous ceux qui l’accusaient de voler le travail d’autres artistes.

Après avoir publié une affiche “Keep calm, I am still the best” (“Calmez-vous, je suis toujours le meilleur”) sur son compte Twitter, Achraf Baznani a selon toute vraisemblance mobilisé une armée d’internautes pour signaler à Facebook l’ensemble des posts l’accusant de plagiat ou partageant l’article du Desk.

Résultat: plusieurs internautes ont partagé des captures d’écran où Facebook leur apprenait que leurs publications ne respectaient pas le règlement du réseau social. La page Facebook du Desk a même été désactivée la matinée du jeudi 15 septembre puisque signalée en force, avant d'être réactivée.

“Aux yeux du Facebook, c’est la publication de l’article concernant ce photographe qui a mené au blocage. Cette personne a multiplié les signalements grâce à une ou plusieurs pages dont il a la gestion et qui comportent des milliers de personnes. Facebook a bien entendu des standards pour supprimer les posts, mais à un certain niveau de signalement, la page est automatiquement bloquée”, confie au HuffPost Maroc Ali Amar, le directeur de la publication du Desk.

Parmi les internautes victimes de cette censure, Marouane Lamharzi Alaoui, entrepreneur connu sur les réseaux sociaux et qui compile sur sa timeline plusieurs avis adressés à des internautes qui ont relayé l'article du Desk. La directrice générale du média Fatima-Zahra Qadiri a également vu l’article disparaître de son fil Facebook, et l'auteur de ces lignes, qui a partagé l'article du Desk, a lui aussi vu son post censuré.

Lorsque l’on recherche actuellement le nom du photographe sur Facebook, les posts dénonçant le plagiat dont font preuve ses oeuvres se multiplient (en attendant d’être certainement signalés), et Facebook a encore censuré, ce jeudi 15 septembre, plusieurs posts sur le sujet. Afin de tenter de dissimuler ces posts qui mettent en péril sa réputation dans le milieu artistique, Achraf Baznani a augmenté la cadence de ses publications via sa page officielle afin qu’elles soient majoritaires sur le fil de recherche.

Contacté par le HuffPost Maroc, Achraf Baznani nie en bloc. “L’article sur le Desk a pour objectif de nuire à ma personne, la page Facebook du Desk est en ligne. Je ne sais rien concernant cette affaire”, tente-t-il. Concernant les accusations de plagiat, Baznani dit “exécuter les idées que je reçois souvent via ma page Facebook de la part des fans, sans vérifier la source de ces idées. Il se peut que ces idées soient copiées d’autres artistes”. Et lorsqu’il est interrogé sur les fortes similitudes entre ses clichés et ceux de l’artiste canadien Joel Robinson, l’artiste répond: “Des centaines de photos semblables sont sur Internet”.

Droit de réponse du photographe Achraf Baznani

Pourquoi toute cette haine? Le titre de votre article est mensonger, je n'ai jamais déclaré que je vais faire taire ceux qui me critiquent. Mes photos sont toutes originales, je crée des espaces géants et je m'y place moi-même. Mes œuvres sont inspirées par un monde imaginaire dans lequel je me plonge, à travers ma présence dans toutes les photos que j'ai présentées dans de différents espaces. Mes inspirations viennent parfois des films de science-fiction et des bandes dessinées, et parfois de ma propre imagination, de telle sorte que je construise des mondes virtuels irréels pour m'y placer, loin de la photographie ordinaire, consommée et simple. Bien sûr, l'inspiration pour mes œuvres vient d'abord de mon imagination mais aussi d'artistes cinéastes connus tels que Peter Handke, Rob Letterman, Tim Burton et bien d'autres. Et quelques idées sont l'application des propositions des visiteurs de ma page Facebook, dont le nombre a dépassé 120 mille.

Je ne pense pas que mon succès soit venu par hasard car les prix que j'ai obtenus étaient pour des œuvres originales dont les idées étaient sans précédent dans l'histoire. La publication de mes œuvres d'art dans des magazines mondialement respectés et spécialisés dans la photographie comme National Geographic est la meilleure preuve de la particularité de leurs idées. Quant aux prix, ils ne sont décernés qu'après la tenue d'un comité spécialisé dans le domaine de la photographie et se composant généralement de docteurs de grande renommée dans leur domaine et dont l'intégrité ne peut être remise en question.

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