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L'UMT appelle les fonctionnaires des collectivités locales à faire grève

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Des syndicalistes de l'UMT pendant les célébrations de la fête du travail à Casablanca | UMT/Facebook
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FONCTION PUBLIQUE - L’Union marocaine du travail (UMT) appelle les fonctionnaires des collectivités locales à faire grève les 28 et 29 septembre prochains. Un sit-in est également prévu le mercredi 28 septembre à partir de 11 heures devant le ministère de l’Intérieur. Et pour cause, l’UMT dénonce “l’absence de dialogue avec le ministère de l’Intérieur depuis 2012”, selon Saïd Chaoui, secrétaire général nationale de la fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales affiliés à l’UMT.

“Aucun dossier n’est traité par le département de monsieur Hassad, et nos multiples courriers ont le silence pour seule réponse”, dénonce Saïd Chaoui, contacté par le HuffPost Maroc. Dans son communiqué, l’UMT met le doigt sur plusieurs revendications mais appelle en premier lieu au rétablissement du dialogue entre le syndicat et le ministère de l’Intérieur.

“Le 21 juin dernier, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Charki Draiss avait assuré que le dialogue sera rétabli dans les jours qui suivaient, mais nous n’avons eu aucune réponse depuis”, indique le responsable syndical.

Des fonctionnaires “lésés” dans les collectivités locales

Dans un communiqué publié par l’UMT, le syndicat appelle à “une mobilisation pour renforcer le syndicat en vue de mieux répondre aux attaques faites aux droits et aux acquis des travailleurs des collectivités locales”. Concrètement, le syndicat estime que “les fonctionnaires des collectivités locales ne bénéficient pas des mêmes droits que ceux de la fonction publique, même si la loi les met sur un même pied d’égalité”, selon Saïd Chapui.

Dans une liste publiée par la branche de Fès de l’UMT, le syndicat énumère ses revendications concernant les fonctionnaires des collectivités locales. Parmi elles, “la publication du ministère d’une circulaire ministérielle à l’adresse des responsables afin qu’ils garantissent aux fonctionnaires l’exercice de leurs activités syndicales, permettre aux représentants syndicaux au sein des collectivités territoriales de bénéficier de facilités pour exercer leurs missions syndicales, l’organisation de concours de capacités professionnelles afin qu’ils puissent bénéficier de promotions au sein de leurs fonctions”.

“Plusieurs fonctionnaires ont commencé à être intimidés par leurs supérieurs hiérarchiques juste après l’ouverture d’un bureau syndical. Dans certaines collectivités, on nous empêche d’accrocher le tableau syndical, ce qui porte atteinte aux droits des fonctionnaires”, assure le responsable syndical, qui évoque également “des licenciements abusifs et des mutations surprises de certains fonctionnaires syndicalisés”.

De plus, les concours de capacités professionnelles, qui permettent aux fonctionnaires de la fonction publique de gravir les échelons sur la base de leurs capacités, ne seraient pas systématiquement organisés dans l’ensemble des collectivités locales, selon notre interlocuteur, qui évoque le cas de “fonctionnaires qui n’évoluent pas car ils n’ont pas la possibilité de passer ces concours au sein de leurs collectivités”.

La réforme des retraites en ligne de mire

S’il est trop tard pour faire machine arrière concernant la réforme des retraites, pour l’UMT, le combat ne semble toujours pas terminé. Le syndicat profite de sa grève et son sit-in devant le ministère de l’Intérieur pour appeler à “l’annulation des lois et décrets rentrant dans le cadre de la réforme des retraites”.

Fin juillet, les quatre lois portant réforme des retraites ont été adoptés avant d’être publiées au Bulletin officiel. Ces nouveaux textes de lois prévoient de relever l’âge de départ à la retraite à 63 ans en 2019. Une mesure qui sera appliquée de manière progressive. Les cotisations des fonctionnaires à la Caisse marocaine des retraites seront également revus à la hausse selon les mêmes textes.

La commission des finances à la Chambre des représentants avait adopté les textes de loi portant réforme des retraites après une étude de sept jours seulement sans y apporter d’amendement, un mode opératoire qui constitue un “dépassement dangereux et une atteinte aux les droits des travailleurs”, selon l’UMT.

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