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Quand Led Zeppelin jouait avec des gnaouas à Marrakech (VIDÉOS)

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MUSIQUE - Quatorze ans après la mort de leur batteur John Bohnam et la dissolution du groupe en 1980, deux des fondateurs de Led Zeppelin, Jimmy Page et Robert Plant, se retrouvent à Marrakech pour enregistrer une poignée de chansons qui figureront dans un album live, "No Quarter: Jimmy Page and Robert Plant Unledded", sorti en octobre 1994.

Ce dernier, destiné à être diffusé dans l'émission MTV Unplugged de la célèbre chaîne musicale américaine, reprend plusieurs titres qui ont marqué l'histoire de Led Zeppelin mais également quelques inédits. Si ce n'est pas à proprement parler un album de Led Zeppelin, puisque l'ancien bassiste, John Paul Jones, ne fait pas partie de ce projet, il n'empêche que l'âme de l'un des plus grands groupes de rock britannique subsiste.

Certains titres de l'album ont été enregistrés avec un orchestre égyptien, une chanteuse indienne et l'orchestre métropolitain de Londres. Mais les trois chansons enregistrées au Maroc avec des gnaouas, "Yallah (The Truth Explodes")", "Wah Wah" et "City don't cry" sont sans nulle doute les plus intéressantes de l'album par leur originalité et leurs sonorités.

Voyage au bout du Sahara

En venant se produire à Marrakech au milieu des années 90, sur la place Jemaa el-Fna, Robert Plant et Jimmy Page renouent avec une vieille histoire qui les liait au Maroc depuis 1973, année pendant laquelle les deux musiciens ont parcouru le désert marocain, de Tan-Tan à Guelmim, juste après une tournée aux Etats-Unis. On est en pleine période hippie, et les deux rockeurs ne sont pas les seuls artistes étrangers à venir chercher leur inspiration dans le royaume.

C'est pendant ce premier voyage que Robert Plant a écrit l'un des plus célèbres titres de Led Zeppelin, "Kashmir". Comme le nom de leur chanson ne l'indique pas, ce n'est pas l'Inde qui les a inspirés, mais bien leur voyage à travers le Sahara.

"L'inspiration est venue du fait que la route n'en finissait pas. C'était une route à voie unique qui coupait parfaitement à travers le désert. A trois kilomètres à l'est et à l'ouest se dressaient les crêtes des roches de sable. C'est comme si vous conduisiez sur un canal, et qu'il n'y avait pas de fin", confiait le chanteur Robert Plant à un journaliste américain.

Moroccan Roll

Vingt ans après cette première expérience au Maroc, les deux musiciens de Led Zeppelin reviennent en août 1994 pour quatre jours de fusion avec la troupe gnaoua du maâlem Brahim El Belkani à Marrakech.

"Nous n'avions jamais rencontré de gnaouas auparavant. (...) Mais l'établissement d'une sorte de relation spirituelle vient quand vous faites de la musique à un certain degré", confiait Robert Plant dans une interview au site Elsewhere. "Ces gens sont des commerçants spirituels, ils savent jusqu'où aller pour obtenir les résultats dont ils ont besoin".

Pour lui, la musique gnaoua "est beaucoup plus proche de la musique du delta du Mississippi que de la musique arabe. Elle est obsédante, séduisante, et très attirante. C'était un grand défi pour nous", racontait-il encore dans une interview sur la chaîne ABC. "Est-ce du rock and roll?", lui demande alors le journaliste. "C'est du Moroccan roll", lui répond Robert Plant.

L'histoire du groupe avec le Maroc ne s'arrête pas là. En 2014, vingt ans après ses jam sessions avec les gnaouas, Robert Plant revient dans le royaume, en solo cette fois-ci, pour le festival Mawazine à Rabat. Le chanteur et sa nouvelle formation, The Sensational Space Shifters, reprend alors quelques unS des grands tubes de Led Zeppelin devant une foule de 70.000 personnes.

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