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Maroc: Le gouvernement doit-il présenter son bilan devant le parlement?

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POLITIQUE - Au moment où la possibilité d'une présentation commune du bilan des quatre partis formant majorité gouvernementale paraît compromise, le Parti de la justice et du développement (PJD), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Mouvement populaire (MP) semblent avoir opté pour des présentations séparées des bilans de leurs ministres, lors de meetings partisans où chaque parti politique tire, du mieux qu'il peut, la couverture vers lui.

Jusqu'à présent, la seule démarche unifiée entreprise dans ce sens reste le lancement du site web Injazat, mis en place par le ministère de la Communication, et qui recense les différentes réalisations du gouvernement Benkirane durant les cinq années de son mandat.

Un 'Ijtihad' constitutionnel

La Constitution de 2011 n'oblige certes pas le gouvernement à passer devant le parlement pour présenter et défendre son bilan, mais dispose néanmoins, dans son article 101, que "le chef du gouvernement présente devant le parlement un bilan d’étape de l’action gouvernementale, à son initiative ou à la demande du tiers des membres de la Chambre des représentants ou de la majorité des membres de la Chambre des conseillers".

L'idée, donc, serait d'aller au-delà de ce que prévoit expressément la Constitution, et d'organiser une séance plénière devant les deux chambres du parlement, dédiée à la présentation du bilan gouvernemental, département par département.

Une portée symbolique

En plus de témoigner du respect du rôle du parlement en tant qu’institution qui contrôle l'action du gouvernement, et est habilitée à évaluer les politiques gouvernementales et la capacité des différents départements ministériels à mettre celles-ci en application, "ce serait un acte qui aurait une portée symbolique, du moment qu'il n'y aura pas de vote", estime Mehdi Bensaid, député du Parti authenticité et modernité (PAM) et président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants.

Un avis partagé par un député de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), pour qui "ce serait un acte qui montrerait que ce gouvernement tient réellement à ce que le parlement accomplisse pleinement son rôle, notamment en débattant des enjeux et des sujets primordiaux qui intéressent les citoyens". Une telle démarche interviendra aussi comme "dénouement d'une période de cinq ans durant lesquels les relations entre le parlement et le gouvernement ont souvent été tendues. L'action parlementaire a, certes, connu une grande vitalité, mais elle s'est à maintes reprises confrontée au pouvoir exécutif", estime notre interlocuteur.

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