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Le cabinet royal recadre Nabil Benabdellah

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NABIL BENABDELLAH
MAP
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POLITIQUE - Tout a commencé par une interview accordée à l'hebdomadaire Al Ayam, parue le 8 septembre. Interrogé sur la possibilité de composer un gouvernement avec le Parti authenticité et modernité (PAM), le secrétaire général du PPS Nabil Benabdellah a déclaré que le problème de son parti "n’est pas avec le Parti authenticité et modernité comme parti, mais avec son fondateur et celui qui est derrière ce parti, qui incarne le tahakoum". Une allusion directe au conseiller royal Fouad Ali El Himma.

Le même jour, Al Ayam rectifie le tir en publiant, sur son site, un correctif, qui nous apprend que Nabil Benabdallah critiquait non pas le fondateur du parti, mais "les fondateurs" du PAM.

Ce mardi 13 septembre en début de soirée, le cabinet royal réagit. "En rendant public ce communiqué explicatif, le cabinet royal tient a lever toute équivoque au sujet de ces déclarations, eu égard a leur caractère important et dangereux, d'autant plus que ces déclarations émanent d'un membre du gouvernement, et que la personne visée occupe actuellement la fonction de conseiller de SM le Roi et qu'elle n'a plus aucune relation avec l'action partisane", lit-on dans le communiqué.

Tout en rappelant que "cette affaire ne concerne que la personne ayant fait ces déclarations et qu'elle n'a aucun rapport avec le PPS, parti reconnu pour son rôle historique de militantisme et sa contribution constructive au processus politique et institutionnel national", le cabinet royal considère que "les récentes déclarations de M. Nabil Benabdellah, ministre de l'Habitat et de la politique de la ville et secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, sont un outil de diversion politique en période électorale, qui requiert de s'abstenir de lancer des déclarations non-fondées", lit-on dans le communiqué.

Le cabinet royal s'attaque aussi, sans le nommer, au "Tahakoum" popularisé par le chef du gouvernement, et abondamment fustigé par Nabil Benabdellah. "La période électorale requiert de s'abstenir d'utiliser des concepts qui portent atteinte à la réputation de la patrie et à la crédibilité des institutions dans une tentative de gagner des voix et la sympathie des électeurs", estime le communiqué.

Selon le cabinet royal, les déclarations du secrétaire général du PPS "sont en contradiction avec les dispositions de la Constitution et les lois qui encadrent la relation entre l'institution monarchique et toutes les institutions et les instances nationales y compris les partis politiques".

Le cabinet royal insiste également sur le fait que les conseillers du roi "n'agissent que dans le cadre de leurs fonctions, en suivant les hautes instructions précises et directes qui leur sont données par SM le Roi".

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