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Attentat déjoué à Notre-Dame de Paris: les trois femmes du commando mises en examen et écrouées

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VOITURE BONBONNES DE GAZ
La voiture aux bonbonnes de gaz retrouvée à Paris le 3 septembre 2016 | Le Parisien
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JUSTICE – Les trois femmes du commando soupçonné de vouloir commettre un attentat en France ont été mises en examen et écrouées lundi 12 septembre à Paris, a annoncé le parquet de Paris, dans un contexte de menace maximale due aux appels à frapper lancés depuis la zone irako-syrienne via internet.

Les trois femmes ont été mises en examen par des magistrats antiterroristes, notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Ines M., 19 ans et Sarah H., 23 ans, ont en outre été mises en examen du chef de tentative d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et Amel S., 39 ans, pour complicité de ce crime. Mohamed Lamine A., 22 ans, compagnon de Sarah H., a lui été mis en examen pour non dénonciation d'un crime terroriste.

Elles avaient été interpellées jeudi soir dans l'Essonne après la découverte quelques jours plus tôt, en plein cœur de Paris, d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz. Les quatre personnes ont toutes été incarcérées, mais Inès Madani a sollicité un délai pour préparer sa défense dans le cadre d'un débat différé sur sa détention provisoire.

Également soupçonné de vouloir passer à l'action, un adolescent de quinze ans a été inculpé et écroué, a annoncé le parquet de Paris. Il avait été présenté à la justice lundi dans une enquête distincte, après avoir été arrêté samedi dans le XIIe arrondissement de la capitale au domicile de sa mère, où il était assigné à résidence depuis avril pour radicalisation. Selon une source proche de l'enquête, le mineur avait fait état sur la messagerie cryptée Telegram "d'un passage à l'acte avec une arme blanche", mettant en alerte samedi les services de sécurité sur plusieurs sites sensibles à Paris.

Point commun à ces deux dossiers pensent les enquêteurs: l'implication d'un jihadiste français qui pourrait se trouver en zone irako-syrienne, Rachid Kassim, 29 ans, originaire de Roanne, soupçonné de téléguider ses émules à distance via Telegram.

Ce réseau de messagerie est considéré aujourd'hui comme l'un des moyens de communication préférés des jihadistes, du fait de son système de cryptage et de ses forums de discussion accessibles seulement sur invitation.

Selon les enquêteurs, Rachid Kassim a déjà téléguidé, de manière plus ou moins décisive, les attaques de Magnanville (Yvelines), où Larossi Abballa a tué un policier et sa compagne le 13 juin, et de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), où Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean ont tué un prêtre le 26 juillet.

La fille d'Amel S. relâchée

Lors de son interpellation, Sarah H., consciente d'être repérée, avait attaqué l'un des policiers dans son véhicule en lui assénant un coup de couteau, le blessant à l'épaule. Inès Madani s'était lancée sur un autre fonctionnaire, couteau à la main, avant d'être blessée par le policier.

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que les trois femmes, après l'échec de l'attaque à la voiture piégée, comptaient passer à l'action: le commando entendait "clairement (...) commettre un attentat", avait déclaré vendredi le procureur de la République à Paris, François Molins.

Ces trois femmes, dont les deux plus jeunes étaient connues des services pour leur radicalisation et des velléités de départ en Syrie, avaient évoqué des gares de l'Essonne et de Paris, ainsi que des policiers comme cibles potentielles, selon des sources proches de l'enquête.

Elles envisageaient aussi de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, précise une de ces sources. En perquisition, les policiers ont trouvé au domicile d'Amel S. sept bouteilles en verre vides, "avec à proximité ce qui pourrait s'apparenter à des mèches artisanales en papier" et dans son véhicule "deux jerricans de cinq litres avec des résidus de carburant", avait détaillé le procureur.

La fille d'Amel S., âgée de 15 ans, a été relâchée dimanche.

Samedi, une première suspecte, Ornella Gilligmann, 29 ans, une convertie radicalisée, a été mise en examen et écrouée dans l'enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz. Son empreinte avait été retrouvée dans le véhicule.

D'après son récit, elle a échoué à mettre le feu au véhicule avec Inès Madani, avant de fuir à la vue d'un homme pris pour un policier en civil.

Les modalités de l'attaque à la voiture piégée correspondent aux consignes que Rachid Kassim dispense via internet.

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