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Une trêve entre en vigueur en Syrie en vertu d'un accord américano-russe

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KERRY LAVROV
TOPSHOT - US Secretary of State John Kerry (L) and Russian Foreign Minister Sergei Lavrov shake hands at the end of a press conference closing meetings to discuss the Syrian crisis on September 9, 2016, in Geneva.The United State and Russia on Friday agreed a plan to impose a ceasefire in the Syrian civil war and lay the foundation of a peace process, US Secretary of State John Kerry said. / AFP / FABRICE COFFRINI (Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images) | FABRICE COFFRINI via Getty Images
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Une trêve entre régime et rebelles est entrée lundi en vigueur en Syrie en vertu d'un accord russo-américain qui exclut les groupes jihadistes, énième effort pour mettre un terme à cinq ans de conflit dévastateur.

La trêve est entrée en vigueur à 19H00 locales (16H00 GMT), alors que l’opposition et la rébellion n'ont pas encore donné leur accord officiel. Le régime a déjà donné son approbation à la cessation des hostilités.

L'accord stipule d'abord un cessez-le-feu de 48 heures dans toutes les régions à l'exception de celles où les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et le Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda connue sous le nom du Front Al-Nosra) sont présents.

L'armée russe, qui aide militairement le régime syrien dans le conflit, a annoncé peu avant l'entrée en vigueur de la trêve, qu'elle suspendait ses frappes "sur tout le territoire" à l'exception des zones où se trouvent les groupes "terroristes". Les noms de ces zones n'ont pas été précisés.

Pendant la trêve, le régime de Bachar al-Assad doit s'abstenir de mener des "missions aériennes de combat dans toute zone où se trouve l'opposition et sur laquelle on s'est mis d'accord", avait indiqué le chef de la diplomatie américaine John Kerry en annonçant vendredi l'accord de trêve. Il n'a pas identifié ces régions.

Or dans plusieurs zones du pays, les rebelles sont alliés aux jihadistes de Fateh al-Cham considérés comme "terroristes" par Washington et Moscou, ce qui pourrait constituer le principal obstacle à l’application de la trêve.

Si le cessez-le-feu tient une semaine, Moscou et Washington commenceront de manière inédite des attaques conjointes contre l'EI et Fateh al-Cham.

L'accord par ailleurs préconise dès lundi un accès humanitaire sans entrave aux zones assiégées, comme Alep (nord), principal front du conflit.
Il prévoit pour acheminer l'aide une "démilitarisation" de la route du Castello au nord d'Alep, unique axe de ravitaillement pour les rebelles avant sa prise en juillet par le régime.

L'opposition a affiché son scepticisme et a réclamé lundi des garanties avant d'avaliser l'accord.

"Quelle est la définition choisie pour le 'terrorisme' et quelle sera la réponse en cas de violations?", s'est interrogé notamment Salem al-Moslet, le porte-parole du Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes.

A quelques heures de l'entrée en vigueur de la trêve, le président Assad a affirmé ne pas vouloir céder d'un pouce même si le gouvernement de Damas a approuvé l'accord de trêve, selon l'agence officielle Sana.

"L'Etat syrien est déterminé à reprendre aux terroristes toutes les régions et à rétablir la sécurité", a dit Bachar al-Assad lors d'une visite dans l'ex-fief rebelle de Daraya près de Damas.

En dépit de la fête musulmane de l'Adha, les rues des quartiers rebelles d'Alep, ville divisée en deux depuis juillet 2012, étaient vides. Peu d'habitants sont en mesure de la célébrer en raison de la pénurie causée par le siège hermétique du régime.

"Nous espérons que le cessez-le-feu sera respecté afin que nous puissions un peu souffler mais les civils n'ont plus d'espoir", a affirmé à l'AFP l'un d'eux, Abou Abdallah.

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