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Oran: des débaptisations de noms de rues qui font polémique

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ORAN
ALGERIA - MARCH 5: City view from the Chapel of Santa Cruz on Mount Murdjajo, Oran, Algeria. (Photo by DeAgostini/Getty Images) | DEA / C. SAPPA via Getty Images
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Une campagne de débaptisations des rues de la ville d'Oran scandalise ses habitants. Plusieurs artères, portant les noms de martyrs, moudjahidine et symboles de cette ville, dont Fernand Iveton et Imam El-Houari, ont été renommées par la commune. Un sit-in de protestation sera organisé par la société civile à la place Ben Daoud, rapporte ce dimanche 11 septembre le quotidien arabophone El Khabar.

Les habitants du quartier Sidi El-Houari étaient surpris, cela fait quelques jours, de voir des services de la commune fixer une nouvelle plaque à l'entrée de la rue Imam El-Houari, savant réputé dans la région et saint-patron de la ville.

Plusieurs autres artères de ce quartier, pourtant classé patrimoine culturel national, ont été rebaptisées. Pis encore aux yeux des habitants de la ville, des ruelles inhabitées et passages montagneux, dont celui menant vers la montagne Aïdour ou Murdjajo, ont été baptisés en nom de glorieux moujahidine, tel le défunt combattant oranais Abdelhamid Serradj.

Selon le site local Le journal de l'Oranais, les rues ne sont pas les seules infrastructures touchées par cette campagne de "débaptisation". Un établissement scolaire, au nom de Zaki Saïd, situé aux Amendiers a également été repabtisé.

La même source affirme que le boulevard Front de mer, longeant la place Bamako, a été rebaptisé "au nom d'un parent d'un responsable".

Un air de déjà-vu

Les habitants de la ville d'Oran étaient d'autant plus étonnés que plusieurs ruelles restaient toujours sans noms. Par ailleurs, d'autres, baptisées aux noms de martyrs comme Fernand Iveton, ont été renommées par une commission communale en référence à des moudjahidine décédés après l'indépendance du pays, rajoute El Khabar.

Les Oranais avaient déjà assisté, sous les ordres du précédent Wali Tahar Sekrane, à la débaptisation de la gare ferroviaire du quartier Plateau, nommée Mohand Oulhadj, colonel de l'armée de libération nationale et chef de la wilaya III durant la guerre d'indépendance de l'Algérie.

Les citoyens avaient vite exprimé leur refus, obligeant le wali à faire machine arrière. La même source rajoute ainsi que la société civile, dont des associations, envisagent d'organiser un sit-in de protestation contre cette nouvelle campagne. En attendant, des médias et des internautes expriment déjà leur indignation.

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