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Maroc: La Fédération des agences de voyages (FNAVM) en colère contre le gouvernement

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Tourists walk around the Argana restaurant (background) at Marrakesh?s famous Jemma el-Fnaa square, June 22, 2012. An Islamist bombing of a cafe last year hurt trade for the snake charmers and trinket sellers who entice foreign tourists to the Jamaa el-Fna square, but the euro zone debt crisis risks doing far more lasting damage to business. Tourists from western Europe typically account for more than 70 percent of all visitors annually to Morocco, where total visitor numbers fell 10 percent in | Stringer . / Reuters
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AGENCES DE VOYAGES - La pilule a du mal à passer du côté de la Fédération nationale des agences de voyage du Maroc (FNAVM). Jeudi 8 septembre, un nouveau texte de loi devant réglementer le secteur a été adopté en conseil de gouvernement, sous la présidence du chef du gouvernement Abdelillah Benkirane.

Présenté par le département de Lahcen Haddad, le projet de loi N° 11-16 "vise à structurer la distribution des voyages et la profession en général", selon un communiqué du ministère du Tourisme. "Ce nouveau texte introduit ainsi des changements qui définissent le champ d’exercice et les activités exécutées par un agent de voyages notamment avec l’intégration de la distribution online et de la vente à distance. Il permet ainsi d’assurer la cohérence avec les tendances de la demande à l’échelle nationale et internationale et d’anticiper le développement de nouvelles voies de distribution tout en assurant l’alignement avec la loi N° 31-08 sur la protection du consommateur", selon la même source.

Le texte vise, selon le porte-parole du gouvernement Mustapha Khalfi, "une distribution globale, fluide et sûre des voyages de manière à garantir la participation de l'ensemble des acteurs spécialisés dans la distribution des voyages touristiques, petits ou grands soient-ils".

Il tend également à "offrir un service de haute qualité au touriste afin de le mettre en totale confiance", a souligné le ministre.

Parmi les nouveautés qu'il apporte, il y a "la gradation du système des licences, l'intégration de la distribution online et de la vente à distance et l'amélioration des conditions d'accès à la profession d'agent de voyages et de gestion de cette activité".

Toujours est-il que le texte suscite le mécontentement de la FNAVM qui dénonce, outre "l’absence de concertation avec elle", l'introduction d'une nouvelle licence qui "allège les conditions requises pour l'ouverture d'une agence, ouvrant la voie aux personnes non formées au métier".

Un "scandale légal"

Pour la FNAVM, il s'agit tout simplement d'un "scandale légal". "Je suis furieux, c'est honteux et scandaleux qu'elle ait été adoptée", indique son président Mohamed Amal Karioun, joint par le HuffPost Maroc.

Selon lui, les agences de voyages n'ont pas eu leur mot à dire dans l'élaboration de cette loi. "Nous n'avons même pas été consultés une seule fois. Nous n'avons posé aucune virgule dans ce texte", regrette-t-il.

Pour Mohamed Amal Karioun, le gouvernement est le premier responsable de ce "scandale". Il n'hésite d'ailleurs pas à tirer à boulets rouges sur Benkirane et Haddad.

"L'activité n'a jamais été autant méprisée que sous ce gouvernement. Ce sont des incompétents. Comment peuvent-ils se permettre d'adopter une loi de cette importance alors qu'il ne leur reste plus que quelques jours à passer dans ce gouvernement? Qu'en sera-t-il du texte après?", lance-t-il.

La FNAVM ne compte pas pour autant en rester là. Son président envisage désormais de prendre contact avec... le roi Mohammed VI. "Il ne nous reste plus qu'une seule issue, une lettre au roi" car "le citoyen marocain est le premier perdant" de l'adoption de cette loi.

La licence B dérange

"C’est un texte qui à nos yeux, en tant que professionnels, est critiquable et même irrecevable en l’état. Il a été en effet élaboré dans la précipitation, l’improvisation et ce pour tenter de faire pièce, dans l’urgence, à une proposition de loi du groupe USFP de la Chambre des conseillers, déposée sur la même matière, le 1er avril 2016", fustigeait la fédération dans un précédent communiqué publié en juillet dernier.

Outre l’absence de concertation avec les agences de voyages, la FNAVM se montre critique envers les 30 articles qui composent le texte, et qu’elle qualifie d’"inopérants, voire en décalage avec la réalité du secteur". En principale ligne de mire, les articles 3,4 et 5 du projet de loi, devant réglementer l’octroi de la licence d’agent de voyage.

Deux types de licences sont, en effet, prévues par le nouveau texte: une licence A dédiée aux agences productrices et distributrices de voyages et une licence B qui n'est réservée qu’aux agences distributrices.

C’est la licence de type B qui pose le plus problème selon la FNAVM: "elle est délivrée aux personnes physiques ou morales qui exercent, accessoirement à leur activité principale, une ou plusieurs des activités d’agent de voyages telles que prévues par l’article 3 (e et f). Sa délivrance n’est soumise à aucune disposition d’un local, comme pour l’agence de type A".

Ce n'est pas le cas aujourd'hui, puisque la loi n° 31.96, actuellement en vigueur, prévoit entre autres un âge minimum de 23 ans pour les agents, un local approprié ou encore la justification d’un diplôme de second cycle.

LIRE AUSSI: Le projet de loi sur les agences de voyages ne plait pas à tout le monde

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