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La Corée du Nord a mené un cinquième essai nucléaire, "le plus puissant à ce jour", selon Séoul

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KIM JONGUN
Photo fournie par l'agence officielle nord-coréenne Kcna du leader Kim Jong-Un, le 29 août 2016 à Pyongyang | AFP
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Le régime nord-coréen affirme avoir réussi son cinquième essai nucléaire vendredi, le plus puissant à ce jour, confirmant sa capacité à monter une ogive nucléaire sur un missile.

"Cet essai nucléaire a finalement (...) confirmé la structure et les caractéristiques spécifiques d'une tête nucléaire qui a été standardisée de façon à pouvoir être montée sur des missiles balistiques stratégiques", a dit l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

"Nos scientifiques nucléaires ont mené un essai d'explosion nucléaire d'une tête nucléaire nouvellement mise au point, sur le site d'essais nucléaires dans le nord du pays", a déclaré une présentatrice à la télévision nord-coréenne, confirmant les dires de Séoul, qui a vigoureusement réagi.

La présidente de Corée du Sud a dénoncé un acte d'"autodestruction" qui démontre "l'inconscience maniaque" du dirigeant Kim Jong-Un.

"Avec cet essai nucléaire, le régime de Kim Jong-Un ne fera que s'attirer davantage de sanctions et d'isolement (...). Une telle provocation va accélérer encore la voie vers son autodestruction", a déclaré la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye dans un communiqué. L'essai témoigne de "l'inconscience maniaque" du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, a-t-elle ajouté.

Les premiers soupçons sur un nouvel essai nord-coréen ont été émis par des sismologues qui ont détecté un séisme près du principal site d'essais nucléaires, dans le nord-est du pays. La secousse, qui s'est produite à 00h30 GMT, a été signalée à proximité du site de Punggye-ri le jour anniversaire de la fondation de la Corée du Nord en 1948.

"Nous pensons que c'était un test nucléaire", a déclaré un responsable du ministère sud-coréen de la Défense à la presse. "L'explosion a dégagé environ 10 kilotonnes", a-t-il ajouté.

Selon Séoul, c'est le plus puissant essai nucléaire de Pyongyang à ce jour. "Cette explosion de 10 kilotonnes était presque deux fois plus que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d'Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ", a expliqué Kim Nam-Wook, de l'agence météorologique sud-coréenne.

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Tir de missile dans un lieu indéterminé

Le troisième essai nucléaire nord-coréen, en février 2013, était jusqu'alors considéré comme le plus puissant, dégageant une énergie estimée entre six et neuf kilotonnes.

Au Japon, le ministère de la Défense se préparait à envoyer des avions militaires afin d'analyser des échantillons d'air et de détecter une éventuelle radiation, selon la chaîne publique NHK.

"Le fait que la Corée du Nord ait mené un test est absolument inacceptable pour le Japon", a déclaré le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Son ministre des Affaires étrangères, Fumio Kishida, a évoqué "un appel immédiat au Conseil de sécurité de l'ONU".

La Maison Blanche a annoncé qu'elle analysait l'explosion mais n'a pas confirmé qu'il s'agissait d'un nouvel essai nucléaire. "Nous avons connaissance d'une activité sismique sur la péninsule coréenne, dans les environs d'un site nucléaire nord-coréen connu", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Ned Price.

- Sourd aux condamnations -

Le dernier essai nucléaire nord-coréen en date a eu lieu en janvier. Pyongyang avait alors annoncé avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire. Pyongyang avait mené son premier essai nucléaire en 2006, s'attirant les foudres et des sanctions de la part des Nations unies.

La Chine, dont les Occidentaux attendent qu'elle ramène Pyongyang à la raison, "va se retrouver dans la position la plus délicate", estime Shunji Hiraiwa, professeur à l'Université Kwansei Gakuin et spécialiste de la Corée.

Lundi, le régime avait lancé trois missiles balistiques au large de sa côte orientale, comme une nouvelle démonstration de force pendant la réunion du G20 en Chine voisine. Selon la Corée du Sud, les missiles se sont abîmés en mer du Japon - ou mer Orientale - moins de quinze jours après le tir d'un projectile par un sous-marin nord-coréen.

Dans la foulée, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait appelé au renforcement de l'arsenal nucléaire de son pays hermétique en qualifiant de "parfaits" ces derniers tirs de missiles balistiques.

Kim Jong-Un avait souligné la nécessité pour son pays "de poursuivre sur la lancée de ces réalisations miraculeuses en renforçant la force nucléaire, pas après pas, en cette année historique".

"La Corée du Nord doit comprendre que ses provocations ne feront que renforcer son isolement", avait répliqué le président américain Barack Obama.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait condamné mardi à l'unanimité ces derniers tirs. Ses résolutions interdisent à la Corée du Nord tout programme nucléaire ou balistique mais malgré les sanctions très dures dont elle fait l'objet, elle n'a montré aucun signe de vouloir les abandonner.

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