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Les petits métiers saisonniers de l'Aïd Al Adha

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SHEEP MOROCCO
Les petits métiers saisonniers de l'Aïd Al Adha | Rafael Marchante / Reuters
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AÏD - A l'approche de l'Aïd Al Adha, de nombreux petits métiers saisonniers prospèrent dans les boulevards et les ruelles des villes marocaines.

Partout, on voit des moutons transportés sur les épaules, sur les mobylettes, dans des carrioles, des vélo-pousses. C'est un véritable labyrinthe! Pour circuler, il faut se faufiler et surtout faire attention à ne pas prendre une patte ou une corne dans l'œil.

Les métiers informels qui pullulent à cette occasion se répartissent entre la vente de charbon et de paille, le remoulage des couteaux, le nettoyage des têtes des bêtes, le découpage de la viande des moutons et la collecte et l'assèchement de leurs peaux.

Lifting de couteaux

Des jeunes proposent ainsi du charbon sur les routes ou à proximité des marchés du mouton, l'occasion pour les gens de s'en approvisionner pour les besoins du barbecue, méchoui et les brochettes, qui font aussi le bonheur des aiguiseurs de couteaux. Car, cette fête est l'occasion pour les Marocains de faire un petit "lifting" à leurs couteaux afin d'égorger et découper le mouton.

La fête du sacrifice est aussi pour certains l'occasion de faire de "bonnes affaires". Que ce soit pour les éleveurs de moutons, les professionnels ou même les profanes.

C’est le cas de Bouazza, vendeur ambulant de fruits et légumes à "Guiche Oudaya" à Témara, mais qui se transforme en réel égorgeur professionnel, le jour de l'Aïd.

"Je me fixe l’objectif d’égorger 10 moutons, je pourrais en faire plus, mais cela est très fatigant. Les prix varient entre 100 et 150 dirhams, selon la taille du mouton, égorgement, nettoyage de la "douara" et dépiautage compris", déclare-t-il.

De 100 à 250 dirhams pour égorger et dépiauter un mouton

"Les prix pour égorger et dépiauter un mouton commencent à 100 dirhams et peuvent aller jusqu'à 250 dirhams", explique Abdellah, boucher installé à Rabat depuis 15 ans. "Ces 'bouchers saisonniers' égorgent, en général, une dizaine de moutons, si ce n'est plus, pendant la matinée de l'Aïd. Les comptes sont facilement faits. Ils peuvent donc s'élever jusqu'à 2.500 dirhams pour une matinée de travail'', indique-t-il.

Cette situation a poussé certains jeunes à pratiquer le métier d'égorgeur, le jour de l'Aïd. Hassan, qui habite au quartier "Boukroune" à Rabat, en fait partie. Ses deux amis et lui commencent leur matinée de l'Aïd en "s'attaquant" rapidement au mouton familial avant d'aller honorer leurs "engagements".

"On a appris à égorger et dépiauter les moutons depuis notre adolescence. Il y a deux ans en voyant l'argent que se faisaient les égorgeurs professionnels, on s'est dit: pourquoi pas se faire un peu d'argent pendant l'Aïd?", témoigne-t-il.

Après avoir fait leur "travail" la matinée, ces égorgeurs en herbe cèdent leur place l'après-midi et le lendemain aux bouchers.

"Très rentable, il n'y a pas de viande à vendre, mais seulement à couper. Cela pour des prix qui commencent à 50 dirhams pour atteindre 100 à 200 dirhams pour le mouton, si ce n'est plus'', rapporte un boucher de Salé qui découpe plus d'une cinquantaine de moutons durant l'Aïd El Adha.

"Tout dépend du boucher, de l'endroit et surtout de la taille du mouton. Je suis dans la moyenne. Certains de mes collègues en font plus", ajoute-t-il. Le choix du mouton se fait généralement selon ses propres techniques; on tâte les cuisses pour voir si la chair est bonne, on regarde et on marchande. La quasi-totalité des quartiers se transforment en centres pour la vente de moutons.

Environ 10 milliards de dirhams de chiffres d'affaires

Selon le Ministère de l'agriculture et de la pêche maritime, l’offre en cheptel ovin et caprin, destinés à l’abattage, s’élève, cette année, à près de 8,6 millions de têtes, pour une demande globale estimée à 5,35 millions de têtes.

Le ministère explique que l’opération de l’Aïd Al Adha représente une part importante de chiffre d’affaires pour les agriculteurs pour lesquels l’élevage de petits ruminants représente la principale source de revenus, notant que les transactions commerciales des animaux d’abattages à l’occasion de cette fête religieuse permettront de générer un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de dirhams.

Concernant les prévisions des prix établies par le ministère, le prix moyen du mouton devrait se situer, cette année, à près de 2.200 à 2.300 dirhams par tête.

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