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Le quotidien alarmant d'une famille tangéroise qui habite dans un "trou" (VIDÉO)

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PAUVRETÉ - Bénéficier d’un logement digne n’est pas à la portée de tous les Marocains. Rien qu’à Casablanca, près de 2.000 sans domiciles fixes vivent dans la rue selon les chiffres du Samu social datant de 2012. En 2015, à l’occasion de la Journée internationale de l’enfance, l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) a révélé que près de 25.000 enfants vivaient dans la rue, dont un quart dans la capitale économique.

Le pure player Hespress s’est intéressé à ce fléau en consacrant un reportage vidéo à une famille tangéroise désormais condamnée à vivre dans la rue. Composée d’un jeune couple et de trois enfants, cette famille avec des enfants en bas âge a trouvé refuge dans un “trou” situé au coeur de la ville du détroit en attendant un lendemain meilleur.

"Le loyer s’est accumulé et j’ai fini par être viré de mon domicile."

“J’étais autrefois accro à la drogue. J’ai rencontré mon actuelle femme qui était également toxicomane”, confie à Hespress le jeune père Ilyas Majdouline. Celui qui semble avoir tiré un trait sur ses addictions souhaite désormais avoir une vie digne et assurer un avenir à ses enfants.

Alors qu’il louait un appartement avec sa femme et ses enfants, Ilyas s’est, selon ses dires, vu contraint à revenir à la rue après une maladie. “A une époque, ma jambe était paralysée, donc je ne travaillais plus. Le loyer s’est accumulé et j’ai fini par être viré de mon domicile”, raconte-t-il.

Victimes des violences de la rue

Son quotidien dans la rue n’est pas évident tous les jours. “J’ai dormi dans un premier temps près de ma mosquée mais on a fini par me chasser. Parfois, ils battaient mes enfants dans la rue. Les forces de l’ordre nous traitaient de manière inhumaine”, s’indigne-t-il.

De squat en squat, Ilyas et sa famille ont fini par s’installer sur le toit d’une ancienne église qui a bien voulu d’eux. “J’ai commencé à nettoyer les lieux et le responsable des lieux m’a signifié que j’étais le bienvenu”, détaille le jeune sans domicile fixe. Le couple et ses enfants ont fini par se loger dans un “trou au sous-sol de l’église” totalement insalubre.

Se battre pour ses enfants

"Je n'abandonnerai mes enfants pour rien au monde.

La vie d’Ilyas Majdouline a mal commencé et il fait tout pour que ses enfants jouissent d’un avenir meilleur. “J’ai vécu dans de mauvaises conditions. Ma mère m’a abandonné quand j’avais un an pour partir en Italie. Je n’ai pas eu de famille pour m’éduquer et m’envoyer à l’école.”

Lorsqu’il parcourt les carrefours de Tanger pour amasser quelques dirhams afin de nourrir les siens, Ilyas a été à plusieurs reprises confronté à des offres étonnantes. “Plein de gens m’ont demandé de leur vendre mes enfants. Mais je ne les abandonnerai pour rien au monde”, conclut-il.

Plusieurs initiatives ciblant les sans domiciles fixes de Tanger ont eu lieu par le passé. Mais celles-ci, émanant le plus souvent de la société civile, visaient seulement à soutenir les SDF sans pour autant parvenir à trouver une solution au problème.

En 2013, l’Association des jeunes initiatives (AJI), créée pour “accompagner les populations les plus défavorisées” a par exemple distribué des couvertures, des vêtements et de la nourriture aux personnes vivant dans les rues tangéroises pendant les périodes de grand froid.

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