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Le rapatriement des mineurs clandestins marocains de Suède au point mort?

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MIGRANTS SANS PAPIERS
Le rapatriement des mineurs clandestins marocains de Suède au point mort? | AFP
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IMMIGRATION - La visite de la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström à Rabat, les 6 et 7 septembre, pourrait bien donner un coup d'accélérateur au processus de rapatriement des mineurs marocains clandestins présents en Suède.

Mme Wallström, qui s'est entretenue avec son homologue Salaheddine Mezouar, a indiqué au journal suédois Expressen qu'il y avait "une bonne volonté des deux côtés", se disant "optimiste" sur la mise en application de l'accord conclu en janvier dernier entre les deux pays.

"Sont-ils vraiment marocains?"

Néanmoins, selon l'EUObserver, rien n'aurait encore été fait pour rapatrier les jeunes clandestins au Maroc. Le ministre de l'Intérieur Mohamed Hassad, présent mercredi à Bruxelles, a ainsi déclaré lors d'une conférence au Parlement européen qu'il n'avait "aucune information sur ces personnes".

"Qui sont-ils, comment arrivent-ils en Suède, sont-ils vraiment marocains? Nous ne savons pas", a-t-il déclaré. "Ces enfants, on nous en parle depuis des années, donc je suppose qu'ils sont adultes maintenant", a-t-il ajouté.

Selon plusieurs associations et la police suédoise, l'accord de réadmission n'est toujours pas appliqué, même si le Maroc semble vouloir faire un pas en ce sens. Certains acteurs associatifs avancent même que les jeunes, lorsqu'ils rentrent au Maroc, sont rejetés par leur famille et renvoyés en Europe.

Une vie très vulnérable

400 mineurs marocains non accompagnés ont déposé des demandes d'asile en Suède en 2015, mais selon l'Office des migrations, un mineur marocain sur trois ou quatre "s'évapore" dans la nature après être arrivé en Suède. Selon le ministère suédois de la Justice, 800 jeunes clandestins seraient présents dans le pays nordique, notamment à Stockholm, la capitale,vivant la plupart du temps aux abords des gares ou dans des bâtiments désaffectés.

"Les adolescents vivent une vie très vulnérable, souvent liée au crime et à la drogue. Ils ont rarement droit à l'asile, mais les autorités suédoises ont beaucoup de mal à les renvoyer dans leur pays d'origine", indiquait, en janvier dernier, le site suédois VLT.se, qui rappelait que le ministre de l'Intérieur avait déjà critiqué le gouvernement marocain qui, selon lui, devait assumer ses responsabilités concernant le rapatriement des mineurs clandestins.

En février 2015, la vidéo d'un Marocain de 9 ans violemment arrêté par un agent de sécurité dans la ville de Malmö, au sud du pays, avait fait polémique.

La visite de la ministre suédoise au Maroc, qui a également participé à une conférence dédiée au rôle des femmes dans les processus de paix, intervient dans un contexte de réchauffement diplomatique entre les deux pays. La position prise par certains parlementaires suédois en septembre dernier au sujet du Sahara avait en effet jeté un froid entre le Maroc et la Suède, avant que cette dernière ne renonce à reconnaître le Polisario.

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