Huffpost Maroc mg

Quand l'industrie musicale marocaine cherche à s'exporter

Publication: Mis à jour:
CONCERT MAROC
Zakaria Latouri/Boulevard.ma | Zakaria Latouri/Boulevard.ma
Imprimer

CULTURE - "Faciliter l’exportation des artistes nationaux et de leurs créations musicales en facilitant l’accès à l’information et aux outils promotionnels", telle est l’ambition que se donne le MoMEx (Bureau export de la musique marocaine), inauguré mardi 6 septembre à Casablanca.

La création de ce bureau est le résultat d’une collaboration entre le ministère de la Culture, la Fondation HIBA et la fondation OCP. Destiné aux professionnels de la musique au Maroc, ce nouveau bureau a pour but de faciliter l’exportation de la musique marocaine au delà de ses frontières par le biais, notamment, des salons et des festivals internationaux.

Sortir de l'informel

Pour Brahim El Mazned, directeur du MoMEx, secrétaire général de la fondation HIBA et directeur des festival Timitar d'Agadir et Visa for Music de Rabat, cet organisme servira à "sortir le secteur musical de l’informel, tout en créant une dynamique économique et promouvoir une diplomatie culturelle", déclare-t-il au HuffPost Maroc.

"Les artistes pourront s’inscrire auprès du MoMEx, se tenir informés de l’actualité de l’industrie de la musique. Une aide à la mobilité leur sera fournie s’ils doivent se rendre à des évènements internationaux comme des salons de l’industrie ou des festivals", ajoute-t-il.

Selon lui, ce bureau, qui devrait être effectif à partir du 1er octobre, sera une vitrine de l’industrie marocaine à l’international et assurera également une forme de diplomatie culturelle. Le bureau se donne aussi pour mission d’aider les artistes et professionnels de la musique à "défendre leurs projets dans les salons internationaux". Il pourra enfin être amené à défendre les droits d’auteurs des artistes au niveau international.

Une industrie musicale en plein changement

Ce bureau pourrait permettre de donner un cadre à l'industrie musicale marocaine qui reste engluée dans l’informel, avec notamment une quasi-inexistence des droits d’auteurs, et des artistes et des professionnels qui ont toujours du mal à vivre de leur métier.

Pourtant, la scène musicale marocaine a connu une véritable effervescence au début des années 2000, avec l'émergence de plusieurs groupes de musique "underground" et le lancement d'une dizaine de festivals à travers le pays. Ce bouillonnement, baptisé mouvement "Nayda" et comparé parfois à la Movida espagnole, n'a pas connu l'essor qu'on lui prédisait. Comme le résumait récemment le journaliste et militant culturel Amine Boushaba, "force est de constater que la Nayda s’est essoufflée, probablement plombée dans son élan par des interdits moraux beaucoup plus forts que ceux de l’Espagne post-franquiste".

Toujours est-il que la scène musicale a connu une mutation ces dernières années, avec la montée en puissance d'une musique pop marocaine qui a pris le dessus sur la fusion, le rock et le rap des années 2000. Des plateformes comme YouTube offrent aux nouveaux artistes du genre une visibilité et l’opportunité d’exporter leur création. C’est le cas notamment de Saad Lamjarred, dont les clips totalisent des millions de vues sur la plateforme vidéo.

Mais quel que soit le genre musical, reste le problème lié à la rémunération des professionnels dont les revenus venant du web ne suffisent pas. Le MoMEx pourrait ainsi permettre à des artistes visibles sur le web de s’assurer une présence dans des festivals internationaux, le live étant désormais la principale source de revenus des artistes, marocains ou étrangers.

Globalisation

Si les Etats-Unis restent le principal exportateur de musique, d'autres pays se sont lancés dans une nouvelle "diplomatie musicale". L’exemple le plus éloquent reste la Corée du Sud qui a vu son industrie musicale et ses artistes devenir de véritables ambassadeurs du pays dans le monde.

Un engouement qui a provoqué un "tourisme musical" dans le pays. Ainsi, le site officiel de l’office du tourisme vous explique pas à pas comment assister au concert de votre artiste de KPOP (pop coréenne) favori.

LIRE AUSSI: