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A Rabat, Mbarka Bouaida plaide pour l'implication des femmes dans les processus de paix

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MBARKA BOUAIDA
A Rabat, Mbarka Bouaida plaide pour l'implication des femmes dans les processus de paix | MAP Archives
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ÉGALITÉ - Un peu plus de quinze ans après l'adoption par l'ONU de la résolution 1325 sur "Femmes, paix et sécurité", les femmes ne sont toujours pas suffisamment impliquées dans les processus d'instauration de la paix et dans la médiation pendant les conflits.

C'est le constat établi par un panel de représentantes politiques venues des quatre coins du monde, mercredi 7 septembre à Rabat, lors d'une conférence organisée au sein du ministère des Affaires étrangères et de la coopération (MAEC), sur le thème "Femme, paix, sécurité et développement".

A cette occasion, la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, a rappelé qu'il était désormais indispensable de changer la situation de la femme pour prévenir les conflits et garantir la paix, mais que ceci n'était pas possible "si les femmes n'ont pas le pouvoir".

Rappelant les engagement pris par le Maroc dans sa Constitution de 2011 en matière d'égalité hommes-femmes, la ministre a souligné l'importance de mettre en pratique les principes inscrits dans la loi fondamentale, notamment dans ses articles 6 et 19.

Pas seulement une question de femmes

"La défense de l'égalité des genres et des droits de la femme n'est pas seulement une question de femmes mais concerne aussi les hommes", a tenu à rappeler Margot Wallström, ministre déléguée des Affaires étrangères de Suède, connue pour défendre farouchement sa politique féministe au sein du gouvernement suédois.

Elle a aussi mis l'accent sur trois domaines d'intervention urgente pour garantir l'égalité et la paix: celui de l'aide aux déplacés et réfugiés, qui sont aujourd'hui plus de 60 millions dans le monde, dont de nombreuses femmes, celui de la violence sexuelle à l'égard des femmes, qui représente une menace pour la paix mais aussi pour le développement des pays et pour la sécurité, et enfin celui de la connaissance statistique des inégalités, afin de trouver les outils et réponses adéquates pour faire face aux problèmes d'égalité des genres.

Donner plus de pouvoir aux femmes, c'est aussi garantir une meilleur représentativité et une plus grande sécurité, ont rappelé les différentes intervenantes. On estime cependant à 3% seulement la part de femmes dans les troupes de maintien de la paix à travers le monde, a ainsi rappelé la cheffe adjointe de la section "Paix et sécurité" de l'ONU Femmes, Nahla Valji, soulignant que leur rôle était pourtant essentiel pour accéder plus facilement à certaines communautés que les Casques bleus souhaitent protéger lors des conflits.

La conférence a également été l'occasion, pour la ministre marocaine, d'annoncer la création d'un think tank régional sur le thème "Femmes, paix, sécurité et développement", afin de mettre en pratique un certain nombre de recommandations qui seront formulées à l'issue de cette journée.

Quelques chiffres:

  • Entre 2000 et 2015, seulement 27% des accords de paix conclus contenaient une référence à l'égalité homme-femmes ou aux besoins des femmes;
  • Entre 1992 et 2011, seuls 9% des négociateurs lors des processus de négociations étaient des femmes;
  • Aujourd'hui, 2% seulement des fonds étrangers investis pour le relèvement économique des pays après un conflit sont destinés à promouvoir l'égalité hommes-femmes, l'autonomisation des femmes ou la satisfaction de leurs besoins spécifiques, selon l'OCDE.
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