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Emprunt: La Banque Centrale doit apprendre à dire stop, selon un économiste

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CHEDLY AYARI
The new governor of the Central Bank of Tunisia, Chedly Ayari, arrives at a National Constituent Assembly (ANC) to give his speech after being approved as Governor of the Central Bank of Tunisia, after an imbroglio about a month and after another stormy session in the assembly chamber on July 24, 2012 in Tunis. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/GettyImages) | FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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A l'heure où les prévisions économiques se bousculent et où les spéculations se font timides au même rythme que les recommandations pour la sortie de crise, des économistes comme Hechmi Alaya pointent du doigt la sphère bancaire et pour cause, l’indépendance de la banque centrale ne serait que formelle selon lui.

Lors d’une interview accordée à Express Fm, mercredi 7 septembre, l’économiste et universitaire Hechmi Alaya a déclaré que la Banque Centrale continue de prêter de l’argent indirectement à l’Etat et ce, à travers les banques.

"Dans une démocratie, le gouvernement n’a pas le droit de recourir directement à la Banque Centrale pour lui emprunter de l’argent. Mais en Tunisie, l’Etat contourne ce principe en empruntant aux banques qui elles, empruntent à la Banque Centrale et c’est ainsi que les billets sont imprimés", lance-t-il.

Les banques à court de liquidité

Le spécialiste explique qu’étant donné que les banques prêtent à l’Etat, elles ont de moins en moins de liquidité. C’est le début du cercle vicieux, les banques vont emprunter à la Banque Centrale qui les alimentent en liquidité sans plafond,

"Chaque mardi, les banques vont emprunter de l’argent à la Banque Centrale et les rembourser le mardi d’après. La semaine dernière les banques ont emprunté 7500 millions de dinars à la BCT" précise-t-il.

Importante masse monétaire en circulation

Selon Alaya, la masse considérable d’argent en circulation est causée, justement par ce cercle vicieux de prêts de la Banque Centrale aux banques.

"La quantité de monnaie fiduciaire en circulation a atteint les 10 mille millions de dinars soit le double d’il y a 6 ou 7 ans " souligne-t-il.

Planche à billets : Attention aux risques

L’économiste explique qu’alors que la quantité de monnaie en circulation augmente, les marchandises, la richesse et la production stagnent. La production n’a pas dépassé les 20% et c’est ce déséquilibre qui provoque l’inflation.

La planche à billets est donc en marche en Tunisie et en accélération vue la morosité de la situation. Toutefois, selon Alaya le problème étant que les banques en empruntant de l’argent ne prêtent pas aux particuliers, aux entreprises et aux porteurs de projets, elles prêtent à l’Etat.

La Banque Centrale doit apprendre à dire STOP

L'économiste rappelle que le fait d'imposer aux banques en leur prêtant de l’argent, de prêter à leur tour aux particuliers et aux entrepreneurs fait partie des prérogatives de la BCT.

"Le pouvoir financier de la banque centrale peut imposer aux banques de ne pas prêter seulement à l’Etat, c’est la loi de l’indépendance de la BCT, que nous avons votée qui le dispose ", conclut-il.

Pour rappel, d'autres économistes à l'instar d'Achraf Ayedi et Nader Hadded ont proposé des solutions de sortie de la crise économique. Ce dernier a proposé de changer la monnaie tunisienne par une autre monnaie afin de lutter contre la corruption et le terrorisme, Nader Hadded a, quant à lui, proposé, la mise en place d’une loi obligeant les Tunisiens à payer par chèques ou cartes bancaires, les achats ou prestations de plus de 1000 dinars.

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