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Fayçal Hammoum, réalisateur du film interdit de projection à Béjaïa,"Vote off", dénonce "une censure"

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Fayçal Hammoum, réalisateur du documentaire "Vote Off" sur les élections présidentielles d'avril 2014, interdit de projection aux 14e rencontres cinématographiques de Béjaïa, a dénoncé ce mardi 06 septembre "une censure". Dans une lettre publiée sur la page Facebook du film, le réalisateur a crié son ras le bol du "bras de fer" avec les "autorités suprêmes de la Culture", se disant "triste" et "indigné" de cette interdiction.

Programmé pour jeudi 8 septembre à 17H, le film de M. Hammoum, produit par Thala Films, n'a pas obtenu une autorisation de projection, contrairement à tous les autres films programmés.

"Nous avons reçu jeudi la liste des films que nous avons soumis au ministère pour obtenir les visas. Tous les films ont été autorisés, sauf "Vote Off"", a expliqué Abdenour Hochiche, président de Project’heurts, l'association organisatrice de l’événement.. "Nous avons demandé des explications mais nous n'avons toujours pas reçu de réponse", a-t-il ajouté.

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Dans son post Facebook, Fayçal Hammoum confirme cet épisode. "Cela fait quelques jours, j’ai reçu un appel de Abdenour Hochiche. Il m’annonce avec surprise que mon film documentaire "Vote Off", tourné cela fait deux ans à Alger lors du dernier scrutin présidentiel (...) ne pourra pas être projeté ce jeudi 8 septembre", fait-il savoir.

"La cause : le ministère de la culture refuse de délivrer une autorisation de projection", a précisé le réalisateur, soulignant que "ce documentaire, traitant des élections présidentielles, est le seul de toute la programmation à ne pas obtenir cette autorisation".

Fayçal Hammoum dénonce ainsi "un cas flagrant de censure". Dans la même lettre, il dit être "fatigué" de ce "bras de fer avec le ministère de mon pays et autres autorités "suprêmes" de la Culture", mais surtout "fatigué d'avance de devoir demander grâce pour un film condamné à mort par la censure".

Le réalisateur estime qu'interdire "Vote Off, "qui aurait tout aussi bien pu s’appeler "Il était une fois un mois d’avril 2014" ou "A quoi rêvent wled houmti", revient à interdire "la croyance qui en est à l'origine".

"Au-delà des parcours individuels de mes personnages, qui sont au centre du projet, j’ai aussi fait ce film pour une raison simple et sans doute un peu naïve : Je veux croire que l’Algérie peut et doit devenir aussi démocratique que possible", rajoute-t-il.

Cette "censure" interdit ainsi "la croyance en un pays de droit où l’expression d’une idée n’est pas vécue comme une menace mais une chance", a-t-il également écrit, affirmant que cette interdiction l'est aussi, "par avance", de "tous les films qui voudront affirmer" cette croyance.

"Les chemins de la liberté ne sont pas toujours simples (...) On peut toujours enterrer un film mais jamais la parole et encore moins la pensée des hommes", conclut-il.

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