Huffpost Maroc mg

De plus en plus de jeunes couples font fi de l'Aïd Al Adha

Publication: Mis à jour:
AID EL KEBIR
TO GO WITH AFP STORY BY Herve GUILBAUD Sheep vendors talk to potential buyers on December 5, 2008 in Rabat ahead of Muslim religious holiday Aid el-Kebir. AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA (Photo credit should read ABDELHAK SENNA/AFP/Getty Images) | ABDELHAK SENNA via Getty Images
Imprimer

FÊTE DU SACRIFICE - Lundi 12 septembre, les Marocains célébreront l'Aïd Al Adha, littéralement la fête du sacrifice. L’occasion pour les familles de se retrouver autour d’une table bien garnie de plats préparés à base du mouton sacrifié plus tôt.

Une tradition dont la célébration sonne comme une évidence pour la plupart des Marocains, mais qui ne fait pas l'unanimité. Certains profitent, en effet, de ce week-end prolongé (lundi et mardi sont fériés) pour voyager dans des villes touristiques comme Tanger, Marrakech ou encore à l'étranger.

Avec le beau temps qui ne semble pas prêt de disparaître et les prix avantageux du mois de septembre, l’occasion est trop belle pour ceux qui préfèrent s’offrir quelques jours de vacances au soleil en famille.

C'est le cas d’Ali, marié et père de famille. Cet hôtelier de 51 ans saisit l'occasion de ce week-end prolongé pour partir dans le sud de l’Espagne, afin de profiter des derniers jours de soleil. "Quand nous sommes au Maroc, j’achète un mouton pour l’Aïd, mais avec ce week-end prolongé qui s’offre à nous, j’ai préféré en profiter pour partir en vacances avec mes proches", confie-t-il au HuffPost Maroc.

"L’envie n’est pas là"

Il faut dire que l’Aïd reste compliqué à organiser pour des Marocains débordés. Achat du mouton, sacrifice, recherche d’un boucher, découpage de la viande... Entre les longues journées de travail et les corvées de la vie quotidienne, organiser le rite est loin d’être une priorité pour certains jeunes actifs.

La viande de mouton n’est également pas très populaire auprès de certains jeunes, jugée trop forte ou trop grasse à leur goût. Pour des jeunes couples, habitués à fêter l’Aïd en famille, l’organiser par eux-mêmes est un véritable parcours du combattant.

C'est le cas de Sarah, 34 ans. La jeune femme, mariée depuis deux ans, préfère profiter de l’Aïd pour s’offrir des vacances à Marrakech avec son mari plutôt que de sacrifier un mouton.

"L’envie n’est même pas là", nous confie-t-elle. "Je ne tire aucun plaisir de cette fête, je n’en vois pas la nécessité. C’est plus une prise de tête. Je préfère de loin voyager et prendre quelques jours de congé plutôt que d’égorger un mouton."

Un discours de plus en plus partagé par les jeunes couples qui n’ont pas forcement envie de sacrifier leurs jours fériés au profit d’un rituel non seulement trop compliqué à organiser, mais dont ils ne voient pas forcément la nécessité.

"Je n'aime ni la viande de mouton, ni l'ambiance de l'Aïd"

Quelques Marocains préfèrent même passer l'Aïd en solo. C'est le cas de Mehdi, jeune cadre marrakchi installé à Rabat. Pour ce dernier, l'Aïd n'est pas une partie de plaisir. "Je n'aime ni la viande de mouton, ni l'ambiance de l'Aïd. Il faut quand même être motivé pour dévorer des brochettes de Boulfaf à 8 heures du matin, et la tête de mouton à 11 heures", raconte-t-il.

Cependant, l’Aïd reste une aubaine pour les hôteliers, notamment à Marrakech et Agadir. Les deux villes profitent d'une demande très importante pendant cette période, selon une source hôtelière. Certains hôtels saisissent l'occasion pour proposer des offres et des repas spéciaux à leur clientèle, afin qu'elle puisse tout de même profiter du festin.

LIRE AUSSI: