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Bras de fer entre le PJD et l'UC autour de Aberrahmane El Harfi

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BENKIRANE
Bras de fer entre le PJD et l'UC autour de Aberrahmane El Harfi | DR
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ÉLECTIONS - A un mois des législatives marocaines prévues le 7 octobre prochain, la guerre électorale est déjà déclenchée. Cette fois, c'est l'Union constitutionnelle (UC) de Mohamed Sajid qui a jeté un pavé dans la marre ce weekend, en accusant le Parti de la justice et du développement (PJD) d'avoir "volé" un de ces cadres, en l'occurrence Abderrahmane El Harfi.

Ce dernier, ex-parlementaire, actuel élu régional, coordinateur provincial et candidat de l’UC, a récemment décidé de changer de camps. Son nom figure désormais dans la liste des candidats du PJD pour la circonscription électorale de Sidi Kacem, dans le nord-ouest du Maroc.

Selon l'UC, El Harfi n'aurait pas rejoint le parti de la lampe de "lui-même". Il aurait pris cette décision "sous pression", en conte-partie d'une autorisation d'ouverture d'une station service qui lui serait accordée par le ministère de l'Energie et des mines (dirigé par le PJDiste Abdelkader Amara). Des accusations graves que l'UC n'entend pas retirer.

"Boutique électorale"

"On maintient nos accusations", affirme Anouar Zyne, secrétaire général de l'Organisation de la jeunesse constitutionnelle (OJC) et membre du bureau politique de l'UC, contacté ce lundi par le HuffPost Maroc. Selon lui, "il n'y avait aucun conflit entre El Harfi et l'UC" qui justifierait cette "décision soudaine".

"Ce que nous connaissons du PJD, c'est que c'est un parti organisé. El Harfi est arrivé lundi au PJD, il a été investi mardi. Maintenant, il faut qu'ils arrêtent de nous dire qu'ils sont structurés. C'est une boutique électorale comme les autres", poursuit-il, n'hésitant pas à faire le "parallèle avec une équipe de foot avec tout l'anti-jeu qui est reconnu" du football, de "l'arrosage" du gazon aux "arbitres".

Le secrétaire général de l'OJC ne s'arrête pas là. "C'est des tricheurs et ils sont pires que les autres (partis) vu qu'ils ont l'avantage d'être au gouvernement".

Le PJD "ouvert à tout le monde"

Du côté du PJD, il n'y a "aucun problème". C'est ce que nous a assuré le directeur du département médias et relations publiques du parti, Souleymane El Omrani, joint également ce matin au téléphone.

El Harfi "est venu au parti de sa propre initiative. Il a fait une demande d'adhésion qui a été examinée, puis validée par le secrétariat général. Il a été décidé de le présenter en tant que tête de liste à Sidi Kacem".

"Il est où le problème? Chacun a le droit de quitter ou d'adhérer le parti de son choix. Où est la démocratie et la modernité vantées par ces partis. Au PJD, on est ouvert à tout le monde. On respecte la liberté et le choix d'adhésion de chacun", assure Souleymane El Omrani.

Dans un communiqué publié samedi matin sur le site du PJD, le principal intéressé a démenti "toutes les rumeurs adressées par l'UC au secrétariat général du PJD", affirmant que sa décision fait suite à une "initiative personnelle" motivée par les réalisations du parti au gouvernement.

Stupéfaction

Avant lui, l'UC avait publié dans la soirée un communiqué dans lequel il dit avoir "constaté avec stupéfaction la figuration du nom de l’un de ses militants, M. Abderrahmane El Harfi (...) dans les listes des investitures du PJD, pour la circonscription électorale de Sidi Kacem". Une démarche "en totale violation de toute règle éthique et déontologique", a estimé le parti de Sajid.

"La stupéfaction est d’autant plus grande que Farid El Harfi, fils de Abderrahmane El Harfi, est actuellement député UC de cette même circonscription et la famille El Harfi, est, depuis 2007, partie intégrante dans cette circonscription de la famille UC", ajoute le parti du cheval qui voit là une "dérive hégémonique d’une extrême gravité pour la jeune démocratie marocaine".

L'UC qui affirme détenir des preuves de cette "transaction au caractère immoral" assure également que sur les papiers, El Harfi est toujours membre de l'UC, puisqu'il n'a ni démissionné, ni été licencié jusqu'à présent.

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