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Com' politique: le PJD est-il en train de rater son sprint final?

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ABDELILAH BENKIRANE
Abdelilah Benkirane, Prime Minister of the Kingdom of Morocco, addresses the 69th United Nations General Assembly at the U.N. headquarters in New York September 25, 2014. REUTERS/Lucas Jackson (UNITED STATES - Tags: POLITICS) | Lucas Jackson/Reuters
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POLITIQUE - C'est un parti qui a su gérer ses différentes crises jusqu'à l'approche de la dernière ligne du marathon électoral. Le Parti de la justice et du développement (PJD), au pouvoir depuis 2011, semble dépassé par les évènements depuis quelques semaines, éclaboussés par différents scandales.

C'est d'abord l'image du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui a pris un sacré coup. La presse le dit en disgrâce, depuis qu'il a rendu publiques des conversations privées avec le roi, en juillet dernier. L'opposition le dit fini, bon à être remplacé par un nouveau chef du gouvernement, tandis que la majorité des médias ne cesse de critiquer son bilan, mettant en lumière le décalage entre les promesses faites par son parti et son bilan jugé très maigre.

Le parti de la lampe a aussi été affecté par l'affaire Habib Choubani. L'ancien ministre chargé des relations avec le parlement, devenu entre temps président de la région Drâa-Tafilalet, est devenu une sorte de fabrique à scandales. Vivement épinglé fin juin pour avoir voulu consacrer 3 millions de dirhams du budget de sa région, pourtant considérée comme une des régions les plus pauvres du Maroc, à l’achat de sept voitures 4*4, il s'est, quelques semaines plus tard, fait fustiger pour avoir tenté de louer 200 hectares de terres collectives de la région qu'il préside, ce qui a été perçu par les observateurs comme un conflit d'intérêt.

D'autres affaires mettant en cause des cadres du PJD ont également défrayé la chronique ces derniers mois. Fin 2015, une femme avait porté plainte contre un candidat du parti près de Marrakech pour harcèlement sexuel, tandis qu'un responsable du parti à Safi a été arrêté en juillet dernier en possession de trois tonnes de cannabis.


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Mais c'est assurément l'affaire des désormais deux anciens vice-présidents du Mouvement unicité et réforme (MUR), l’aile religieuse du parti au pouvoir au gouvernement, Moulay Omar Benhammad, et Fatima Nejjar, arrêtés en flagrant délit d’"adultère", près de la plage de Mohammedia, qui a le plus secoué le PJD. Ce fait-divers peu commun a fait la une des médias nationaux et a été relayé par plusieurs médias internationaux, des Etats-Unis à la France en passant par l'Inde.

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Le dernier scandale en date est venu de Hammad Kabbadj, tête de liste du PJD à Guéliz (Marrakech), qui n'a pas hésité à comparer Fatima Nejjar à Aicha, l'épouse du prophète. Ses déclarations controversées ont suscité des réactions indignées de la société civile.

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