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Pour l'agence de notation Fitch, les banques marocaines sont "sous pression"

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Pour l'agence de notation Fitch, les banques marocaines sont "sous pression" | Brendan McDermid / Reuters
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BANQUES - L'agence de notation Fitch s'est penchée sur la situation actuelle des trois grandes banques marocaines (Attijariwafa Bank, BMCE et la Banque centrale populaire), et il en résulte qu'elles sont "sous pression". D'après Fitch, elles connaissent des difficultés en raison de la faible croissance économique du Maroc en 2016 ainsi qu'une "dépréciation importante des charges de prêts".

L'Afrique pour tirer son épingle du jeu

Les trois banques peuvent néanmoins compter sur leurs activités florissantes en Afrique subsaharienne. A commencer par la BMCE du milliardaire Othman Benjelloun. Très présente sur le continent africain, elle a par d'ailleurs renforcé son capital dans certaines banques africaines telles que Bank of Africa ou encore la Banque de développement du Mali.

En 2015, le groupe rebaptisé BMCE Bank of Africa a ainsi réalisé un taux de croissance annuel moyen de 24%, affichant un résultat net de 1,3 milliard de dirhams. Lors du premier semestre 2016, la Banque centrale populaire, a, pour sa part, enregistré une progression de 13% s'établissant à 1,4 milliard de dirhams, selon les résultats semestriels 2016 du groupe. Sa filiale africaine, la Banque atlantique, affichait de son côté une progression de 10% de son produit net bancaire. Le groupe est actuellement présent dans l'ensemble des pays de la zone Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

En ce qui concerne Attijariwafa Bank, le produit net bancaire du groupe était de 19 milliards de dirhams en 2015, ce qui représente une baisse de -2,3% par rapport à l'année précédente. Le groupe est actuellement présent dans douze pays du continent africain grâce à ses filiales, notamment la CBAO Groupe Attijariwafa bank, première banque du Sénégal.

Face au ralentissement de la croissance domestique, cette expansion en Afrique des banques marocaines est un bon moyen pour elles de s'assurer une diversification de leurs revenus mais cela les expose à des risques opérationnels plus élevés, note l'agence new-yorkaise. Si une nouvelle acquisition n'est pas à exclure pour l'année 2017, l'agence prévoit que les trois groupes se reposeront essentiellement sur une croissance organique.

Une année 2016 qui va stagner

Les ratios de capital de ces trois établissements devraient rester "modestes" en 2016 d'après les prévisions de Fitch qui explique ce phénomène par la concentration du livre de prêt, une couverture des prêts douteux seulement considérée comme adéquate et enfin une exposition à des pays africains où la situation n'est pas stable.

Fitch conclut en soulignant que le profil des banques marocaines est "solide" et que l'état de leurs liquidités, qui s'est "largement amélioré" depuis 2013, est satisfaisant. L'agence prévoit que cette tendance se prolongera jusqu'en 2017.

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