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Réunion de l'Opep à Alger: un accord sur le gel de la production augmenterait les prix à 60 dollars/baril

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SONATRACH
ALGERIA - DECEMBER 14: Employee Sofian Benyamina pauses at work at the In Salah Gas (ISG) Krechba Project, run by Sonatrach, British Petroleum (BP), and StatoilHydro, in the Sahara desert near In Salah, Algeria, on Sunday, Dec. 14, 2008. From produced gas, the carbon capture plant, the largest and first of its kind, removes annually the carbon dioxide emissions equivalent of 200,000 automobiles running 30,000 kilometers. The CO2 is then reinjected into a two-kilometer deep reservoir instead of | Bloomberg via Getty Images
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Un éventuel accord sur le gel de la production de pétrole, lors de la réunion informelle de l'OPEP, prévue fin septembre à Alger en marge du 15ème forum de l'Energie, ferait augmenter les prix du baril à 60 dollars à partir de 2017, a prédit lundi l'expert en énergie Abdelmadjid Attar.

Qualifiant la réunion d'Alger "d'extrêmement importante", M. Attar, ancien PDG de Sonatrach et actuel vice-président de l'Association algérienne de l'industrie du gaz, a estimé que "tous les signaux sont positifs pour le moment" quant à un éventuel accord sur le gel de la production pétrolière des pays de l'Opep.

"Les pays de l'Opep ont intérêt à geler leur production actuelle et il faudrait que tout le monde respecte ce gel sur le terrain", a-t-il préconisé sur les ondes de la Radio nationale.

"Il faut même réduire la production, car ce qu'on perdra en quantité on le gagnera en prix, c'est la dernière chance pour stabiliser les prix et les faire augmenter à 60 dollars en 2017", a-t-il soutenu.

Mais si les producteurs ne parviennent pas à un tel accord (le gel), les prix "ne vont pas dépasser 45 dollars/baril en moyenne et c'est ce qui correspond au prix d'équilibre par rapport aux capacités de consommation mondiale actuellement," a-t-il affirmé en estimant qu'un prix de baril au dessus de 100 dollars est par contre à "oublier complètement".

L'expert reconnaît cependant qu'un accord sur le gel de la production de l'Opep ou encore sur une réduction de la production se trouvera confronté aux besoins pressants de certains pays, notamment l'Irak, d'augmenter leurs productions.

D'autre part, le niveau de production de l'Opep et même des pays horsOpep, influe certes sur les prix, mais demeure un seul facteur parmi beaucoup d'autres, souligne M. Attar.

Aujourd'hui, "ce n'est pas uniquement l'Opep qui va faire baisser ou augmenter les prix! l'Organisation détient 80% des réserves mondiales de pétrole mais ne représente que 35% de la production mondiale... des pays comme la Russie et les USA (non Opep) produisent ensemble deux fois plus que l'Arabie Saoudite", a-t-il fait remarquer.

"Une simple grève au Nigeria peut augmenter le baril de 2 ou trois dollars, un début de conflit politique au Moyen Orient peut créer une crise", soutient-il pour montrer l'impact important des conflits politiques sur les prix du baril.

Selon M. Attar, pas moins de sept paramètres fondamentaux décident aujourd'hui des prix mondiaux du pétrole. Il y a d'abord l'offre et la demande: aujourd'hui l'offre est supérieure d'au moins 2 millions barils/jour à la demande. Il y a ensuite la production aux Etats-Unis, 3ème producteur après la Russie et l'Arabie Saoudite, qui a sensiblement augmenté depuis 2006 grâce aux hydrocarbures non conventionnels. La première économie mondiale produit aujourd'hui près de 10 millions barils/jour et possède plus de 500 millions de barils en stocks.

La récession économique mondiale et la baisse de la consommation mondiale en énergie ainsi que le dollar qui s'est renchéri d'environ 25% par rapport à l'euro depuis 2014 constituent d'autres déterminants essentiels des cours de brut, résume-t-il.

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