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Ouverture du congrès des Patriotes démocrates: Le parti déterminé à dévoiler la vérité sur les assasinats politiques

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CHOKRI BELAID
Banner of the Popular Front Martyrs Left Fadhel Sassi center Mohamed Brahmi and left Chokri Belaid. On the occasion of the commemoration of the first anniversary of the assassination of Chokri Belaid, thousands of people gathered at his grave at Al Jalez cemetery in Tunis Tunisia February 8th 2014. (Photo by Mohamed Krit/NurPhoto) (Photo by NurPhoto/Corbis via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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Le Parti unifié des patriotes démocrates (Mopad) a choisi "la fidélité à la mémoire du martyr Chokri Belaid" comme slogan à son premier congrès tenu lundi à Tunis du 2 au 4 septembre, l'ex-leader du parti de tendance marxiste léniniste et panarabe ayant été au centre des interventions lors de la séance d'ouverture, des allocutions des dirigeants du parti, des autres formations proches et des posters distribués dans l'espace du palais des congrès et des spots vidéo diffusés.

Le nom de Chokri Belaid, l'ex-secrétaire général du Watad (acronyme arabe du parti, devenu Mopad), assassiné en février 2013, a été également scandé par les membres du parti, les congressistes et des "partis progressistes" alors que les slogans lancés ont martelé les accusations porté au parti Ennahdha accusé d'être derrière l'assassinant de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi dont un hommage posthume leur a été rendu ainsi qu’à d'autre figures du Front Populaire.

L'ouverture du congrès du parti "du leader emblématique Chokri Belaid", selon l'expression des dirigeants du parti, a été marquée par l'absence des membres des familles Belaid et Brahmi, ce qui a suscité la surprise de plusieurs assistants. Le bouclier en hommage de Belaid a été remis à un de ses militantes alors que Zouheir Maghzaoui a reçu celui dédié au martyr Brahmi.

Zied Lakhdhar, secrétaire général du Mopad, n'a pas fourni d'explication à ses absences, déclarant laconiquement que "des invitations ont été adressées à tous".

Les partis de la coalition au pouvoir n'ont pas été présentes non plus, n'ayant pas été invités, alors qu'outre les composantes du Front Populaire, plusieurs figures de l'UGTT étaient présentes, notamment Samir Cheffi, Belkacem Ayari, ainsi que des représentants des "partis progressistes", en particulier le parti de la Voix Démocratique et Sociale, le Parti Républicain, des membres de la société civile et des personnalités nationales.

Le Mopad, par la voix de son SG Zied Lakhdhar, a mis en garde le gouvernement qu'il "s'opposera à toute atteinte à la souveraineté nationale, aux couches démunies, à l'usage de la force pour contenir la liberté d'expression et réprimer les manifestations garanties par la loi".

Au sujet des assassinats, le dirigeant du parti a estimé que "les gouvernements précédents ont longuement parlé du dossier mais n'ont rien fait et le parti a des preuves démontrant des lacunes graves dans l'enquête menée sur l'assassinat de Belaid".

"La coalition au pouvoir n'a pas intérêt à dévoiler la vérité", a-t-il ajouté.

A propos du Front Populaire, dont le Mopad est une des composantes, Zied Lakhdhar a indiqué qu'il est "le noyau fondamental d'un large front œuvrant à consacrer la république démocratique et sociale". Il a précisé que son parti "exposera son action au sein du FP et celui du front en général afin de mettre au point des propositions pour rendre plus efficace son action".

"Le FP jouit de l'estime d'une grande partie de la société tunisienne et doit être à la hauteur des attentes en organisant ses structures et améliorant son rendement", a-t-il fait remarquer.

De son côté, Hamma Hammami, porte-parole du Front, a souligné qu'il serait "illusoire de croire que le FP renoncera à ses objectifs".

"Le Front fait face à de fortes pressions pour le dompter par le biais de campagnes de presse de dénigrement qui ne peuvent lui porter atteinte ou altérer ses programmes et objectifs", a-t-il affirmé.

Au sujet des élections municipales, Hammami a indiqué que le FP "doit être ouvert et engager les élections avec l'association de personnalités indépendantes, des associations et d'autres partis dont il partage les idéaux".

Lors de son premier congrès, organisé après quatre années de son congrès constitutif, le Mopad procédera à l'évaluation de son action durant les 5 dernières années, discutera son rapport politique et d'organisation ainsi que d'autres documents élaborés à l'échelle régionale et du parti central, sur l'action du Front, le travail parlementaire et politique.

Selon Mohamed Jmour, secrétaire général adjoint, le congrès élira dimanche ses structures dirigeantes, notamment le comité central (45 membres) pour lequel 60 personnes sont candidates et le bureau politique (25) pour lequel 50 candidatures ont été enregistrées.

Le bureau politique devrait élire ensuite son secrétaire général parmi ses membres qui devrait être, selon Jmour, Zied Lakhdhar, "le plus apte à occuper ce poste afin de poursuivre l'action et diriger le parti avec la collaboration des autres membres du bureau politique".

"Le secrétariat général ne fait pas l'objet d'une lutte car le travail est basé sur l'action collective, même si le parti ne s'oppose à l'ambition d’aucun membre du BP désirant briguer ce poste", a-t-il souligné.

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