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La gouvernance de l'eau, priorité du Maroc?

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ENVIRONNEMENT - Ce n'est pas que sur le front des énergies propres que le Maroc déploie sa stratégie environnementale. La question de l'eau fait aussi partie des priorités écologiques du royaume.

"La 22e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP22), prévue en novembre prochain à Marrakech, ambitionne de donner une plus grande visibilité à la question de l’eau en vue d’assurer une forte mobilisation au plus haut niveau politique", a promis, jeudi à Stockholm, le Haut-Commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, Abdelâdim Lhafi, par ailleurs commissaire de la COP marocaine.

Ce sujet occupera une place centrale au cours de la COP22

"Ce sujet occupera une place centrale au cours de la COP22, sachant que plus de 80% des contributions nationales des pays du Sud en matière d’adaptation portent sur l’eau", a-t-il indiqué lors d’un débat à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau, qui se tient du 28 août au 2 septembre dans la capitale suédoise sous le thème "L'eau, pour une croissance durable".

Pour une coalition mondiale de l'eau

"Il est grand temps d’élaborer un nouveau modèle de développement et de gouvernance qui permettra de dégager la meilleure valeur ajoutée de cette ressource naturelle", d’autant plus que la plupart des pays du Sud sont "dans une situation de pénurie d’eau", a lancé le responsable marocaine.

Favoriser l’accélération de l'action et de l'intensification du financement

Même son de cloche chez la ministre déléguée chargée de l’Environnement et Championne nationale pour le climat, Hakima El Haite, qui a plaidé, jeudi à Stockholm, pour la création d'une "vaste et multidimensionnel" coalition mondiale de l'eau en vue de favoriser la réalisation des résultats tangibles en la matière.

LIRE AUSSI: Charafat Afilal: "Il faut inscrire les enjeux liés à l'eau dans l'agenda des négociations de la COP22"

Cette initiative permettra "la promotion de la convergence et des synergies dans le domaine de l'eau entre l'Agenda du développement durable 2030 et le Plan d'action mondial pour climat", a expliqué la ministre, qui a appelé à "favoriser l’accélération de l'action et de l'intensification du financement dans ce domaine aussi vital pour l’avenir de l’humanité".

Une nouvelle loi sur l'eau

Hasard (ou pas) du calendrier, quelques jours plus tôt, le Maroc a renforcé son arsenal législatif relatif à la valorisation et la protection des ressources en eau, en promulguant une nouvelle loi sur l'eau.

Publiée il y a quelques jours au Bulletin officiel, la loi N°36.15 relative à l'eau apporte plusieurs nouveautés substantielles dans ce sens.

Dans le détail, la nouvelle loi renforce le cadre juridique relatif à la valorisation de l'eau de pluie et des eaux usées, et met en place un cadre juridique relatif au dessalement de l'eau de mer. Elle met aussi sur pied des mécanismes de protection et de préservation des ressources en eau, et comporte des dispositions visant à améliorer les conditions de protection contre les phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques.

Jeter les bases législatives et réglementaires

Le texte, qui est la principale réforme opérée dans le domaine de l’eau ces dernières années, "constituera la base de la politique nationale de l’eau pour les prochaines décennies. Le texte a été conçu pour effectivement jeter les bases législatives et réglementaires de la solution des problèmes rencontrés et qui menacent aujourd’hui l’approvisionnement en eau durable du pays, dont la surexploitation des eaux souterraines", expliquait récemment la ministre chargée de l'eau, Charafat Afilal, au HuffPost Maroc.

Il faut dire que l'amélioration de la gouvernance de l'eau s'impose en raison d'un déficit hydraulique pour le moins préoccupant. "Le volume renouvelable des eaux souterraines est estimé à 3,4 milliards de m3 alors que le volume exploité est de 4,3 milliards de m3. Nous enregistrons de ce fait un déficit annuel de près d’un milliard de m3", explique Charafat Afilal.

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