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Quand BHL analyse le discours du roi du Maroc contre le radicalisme

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Quand BHL analyse le discours du roi du Maroc contre le radicalisme | DR
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DISCOURS ROYAL - Récemment, Bernard-Henri Lévy avait déclaré qu'il rêvait de voir une initiative prise par les trois rois d'Arabie saoudite, du Maroc et de Jordanie pour libérer Mossoul des mains de Daech. Aujourd'hui, c'est toute une chronique qu'il a consacré à la vision qu'a le roi Mohammed VI du radicalisme.

Dans le texte intitulé "'Vive le roi", publié jeudi 1er septembre par Le Point, le philosophe et essayiste français revient sur le discours royal prononcé le 21 aout dernier, à l’occasion de la Révolution du roi et du peuple.

"Tandis que nous nous empêtrons dans le piège du burkini, l'offensive mondiale contre le djihadisme vient de connaître une accélération décisive", lance d'emblée BHL.

"Après des considérations générales sur les méfaits du 'sous­ développement', sur le 'destin' de 'l'Afrique' ou, plus inattendu, sur la contribution de 'la résistance marocaine' à 'la révolution algérienne', il se livre à une attaque en règle contre l'islamisme radical et la série noire des meurtres commis récemment en son nom ­à commencer par celui, le 26 juillet, d'un père catholique 'dans l'enceinte de son église'".

Une "guerre sur terre et dans les cieux"

BHL"ne vois pas, d'abord, un autre chef d'État qui ait, dans cette partie du monde, prononcé des mots aussi forts". Pour lui, "son statut très spécial dans le monde arabe sunnite, ses titres de 'monarque chérifien' et de 'commandeur des croyants', sa qualité, enfin, de 'descendant du Prophète', donnent à la moindre de ses déclarations une portée qu'elle n'aurait dans la bouche d'aucun autre".

"Il ne se contente pas, ce jour­-là, de déclarer la guerre aux djihadistes. Il la leur annonce, cette guerre, sur terre et dans les cieux. Il les met hors la loi, non seulement des hommes, mais de Dieu", écrit-il. "On peut, comme la quasi­-totalité des chefs d'État musulmans et non musulmans, répéter jusqu'à satiété qu'il n'y a 'aucun lien' entre l'islamisme et l'islam. Mohammed VI fait l'inverse. Il reconnaît le lien et le tranche".

Le philosophe français est également revenu sur le passage où le roi assure que les djihadistes auront leur "place en enfer". "Vous avez le choix, dit Mohammed VI à ses sujets en même temps qu'à tous les sunnites qui reconnaissent son 'discernement'. Un émir autoproclamé à Mossoul ou le descendant d'Ali. Un vague califat, sans mémoire ni sagesse, maintenu par le fer et le feu - ou une dynastie chérifienne qui a traversé les âges et, notamment, le règne ottoman sans jamais renoncer à soi", écrit BHL.

Le "beau geste du petit­-fils du sultan"

Il poursuit: "Au nom de la commanderie des croyants dont il est le lieutenant, il ajoute alors ceci : si vous choisissez tout de même le premier, si vous vous ralliez au drapeau noir des prétendus califes qui 'font du Coran et de la sunna une lecture conforme à leurs intérêts' et qui 'excommunient indûment les gens', c'est vous qui vous 'excommuniez', vous qui sombrez dans la 'mécréance'.

Tel est le grand et beau geste accompli par le petit­-fils du sultan qui, en 1942, fit honte à l'État français en se solidarisant avec les juifs du protectorat".

BHL ne s'arrête pas là. Il va plus loin et affirme qu'aujourd'hui, "le Maroc est en première ligne" et qu'il "faut tenir la ligne avec lui".

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