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Pakistan: deux attentats au nord-ouest, 11 morts dans un tribunal

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ATTENTAT PAKISTAN
Des policiers pakistanais sur les lieux d'un attentat contre un tribunal à Mardan, le 2 septembre 2016 | AFP
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an où au moins 11 personnes ont été tuées par un kamikaze dans un tribunal, et un garde abattu lors d'une attaque contre un quartier chrétien des abords de Peshawar.

Au moins onze personnes ont été tuées et 40 blessées dans une nouvelle attaque visant la justice pakistanaise, menée par un kamikaze contre un tribunal de la ville de Mardan, a indiqué la police.

L'assaillant a tiré pour forcer l'entrée du tribunal puis lancé des grenades avant de déclencher sa veste explosive au milieu de la foule présente en ce début de matinée, a indiqué à l'AFP un policier, Ejaz Khan.

"Le bilan est monté à 11 morts", contre 10 auparavant, a-t-il ajouté.

Au moins deux policiers, des avocats et des greffiers ont trouvé la mort, a précisé M. Khan, ainsi qu'un autre policier, Faisal Shehzad. Le kamikaze avait au moins 8 kg d'explosifs dans sa veste.

Cette attaque n'a pas été revendiquée pour le moment.

Elle intervient trois semaines après un attentat suicide particulièrement meurtrier qui a décimé le barreau de Quetta, capitale de la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays.

- Quartier chrétien défavorisé -

A 60 km de Mardan, une autre attaque a visé vendredi à l'aube un quartier chrétien défavorisé de la périphérie de Peshawar, où les quatre kamikazes armés et un garde surveillant le quartier ont été tués, selon l'armée.

Les militaires, appuyés par des hélicoptères, ont échangé des tirs avec les assaillants portant des gilets explosifs qui s'étaient attaqués à ce quartier proche du barrage de Warsak, juste au nord de Peshawar, capitale provinciale du Khyber Pakhtunkhwa.

Une faction des talibans pakistanais, Jamaat-ul-Ahrar (JuA) a revendiqué l'attaque dans un message affirmant que les kamikazes avaient tué de nombreux "infidèles". Les talibans exagèrent souvent leurs bilans.

Cette faction du mouvement taliban pakistanais (TTP) a également revendiqué les deux attaques les plus meurtrières de 2016: un attentat suicide visant les chrétiens à Lahore (centre) qui avait fait 75 morts le week-end de Pâques, et celui visant les avocats à Quetta (sud-ouest) qui avait fait 73 morts le 8 août.

Discriminations et violences sont le lot quotidien des minorités au Pakistan, république islamique dont plus de 90% de la population est musulmane.

Avocats et juges sont également régulièrement visés par des assassinats ciblés ou des attentats.

Des groupes armés, notamment les talibans, s'en prennent à des cibles faciles, comme les tribunaux ou les écoles.

Un assaut taliban visant une école gérée par l'armée à Peshawar avait ainsi fait plus de 150 morts, en majorité des élèves, en décembre 2014. Il s'agit du pire attentat de l'histoire du Pakistan.

L'armée a lancé en juin 2014 une opération visant à démanteler les bases arrières de la myriade de groupes islamistes armés qui agissaient jusque-là en toute impunité, notamment dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, frontalières de l'Afghanistan.

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a condamné l'attaque de vendredi à Peshawar, assurant que les groupes armés étaient "sur la défensive" et montraient "leur frustration en attaquant des cibles faciles".

"Il ne trouveront nulle part où se cacher au Pakistan", a-t-il assuré.

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