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L'Assemblée nationale de Libreville en feu après la réélection d'Ali Bongo au Gabon

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ALI BONGO GABON
AFP
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ne marée humaine en colère marche, déterminée, au devant de dizaines de camions et de forces de l'ordre lourdement armées: le face-à-face s'annonçait particulièrement violent mercredi à Libreville après l'annonce de la victoire d'Ali Bongo à la présidentielle gabonaise.

Il n'aura fallu de fait que quelques minutes après la proclamation des résultats pour que les quartiers populaires de la capitale s'embrasent. En fin de journée, c'était l'Assemblée nationale qui était en flammes et des incendies étaient visibles ailleurs.

Dès le milieu de l'après-midi, des milliers de jeunes, mais aussi des femmes et des hommes d'un certain âge ont déferlé dans les rues des "mapanes" (bidonvilles) pour crier leur colère dans une ville de facto en état de siège. Leur favori, Jean Ping vient d'être défait d'une courte paille (48%) face au président sortant (49%).

Les opposants demandent un recomptage

Cet écart marginal représente une différence de voix de 5594 voix, sur un total de 627.805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d'à peine 1,8 million d'habitants.

Le président sortant devrait sa réélection grâce à son score écrasant dans son fief familial, le Haut-Ogooué, où il aurait obtenu 95,46% pour plus de 99% de participation. Un score contesté par l'opposition qui a réclamé un recomptage bureau par bureau de vote.

"Ping heho, Ali dégage!", ont hurlé les manifestants brandissant des tiges de palmier, alors que le ministre de l'Intérieur venait d'annoncer le président sortant vainqueur face à son rival Jean Ping. Sur la voie express, qui contourne la capitale par l'est, des manifestants ont tenté de rejoindre le quartier général de Ping. Les plus énervés ont brûlé ce qu'ils trouvaient (pneus, poubelles...) sur leur passage.

C'est à quelques centaines de mètres de là qu'a eu lieu plus tôt la proclamation des résultats tant décriés, dans l'enceinte ultra-sécurisée nommée "Cité de la Démocratie".

"Il n'a rien fait pour nous"

"2009, 2016... On en a marre, on n'en peut plus de se faire voler la victoire, Ali doit partir", s'emporte Boris, la vingtaine, avant d'énumérer les raisons de sa colère. "Tous les jours c'est la même souffrance: aller 'puiser' l'eau (aux pompes publiques), s'éclairer avec des lampes-tempête à cause des coupures d'électricité, pas de boulot... Il n'a rien fait pour nous".

Les gendarmes anti-émeute ont dispersé les mouvements de foule vers des ruelles en terre à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, et de canons à eau. Si la situation s'envenime, ils sont armés de kalachnikov. Des blindés sont positionnés à plusieurs carrefours stratégiques entourés de très nombreux policiers, gendarmes et militaires avec casques lourds et boucliers.

A la tombée de la nuit, de nouvelles informations sont parviennues au milieu de rumeurs invérifiables. L'opposition -notamment Jean Ping via Twitter- fait état de plusieurs morts et blessés graves, ce que le porte-parole d'Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a démenti aussitôt, lui aussi sur Twitter.

Ex-puissance coloniale, la France a demandé la publication des résultats de tous les bureaux de vote du Gabon (environ 2500), relayant une demande de l'Union européenne (UE) et de l'opposition.

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