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Le QG de Jean Ping, rival d'Ali Bongo au Gabon, pris d'assaut dans une "violence extrême", selon l'opposant

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ALI BONGO GABON
African Union Commission chairman Jean Ping addresses an emergency summit of the AU Peace and Security Council in Ethiopia's capital Addis Ababa August 26, 2011. The African Union called on Friday for the formation of an inclusive transitional government in Libya, saying it could not recognise the rebels as sole legitimate representatives of the nation while fighting continued. REUTERS/Stringer (ETHIOPIA - Tags: POLITICS CONFLICT) | Reuters
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INTERNATIONAL - L'opposant gabonais Jean Ping a affirmé à l'AFP que son QG à Libreville avait été pris d'assaut par les forces de sécurité dans la nuit du mercredi 31 août au jeudi 1er septembre, quelques heures après l'annonce de la réélection du président Ali Bongo Ondimba.

"Ils ont attaqué vers 1 heure. C'est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves", a déclaré Ping par téléphone, précisant qu'il n'était pas sur les lieux. Dans la matinée, ce dernier a annoncé que deux personnes au moins avait été tuées.


"Tout le bâtiment est encerclé (par la garde républicaine, ndlr). Ils veulent rentrer dans l'immeuble, ils lancent des grenades lacrymogènes, ils tirent (...). Ce sont des violences extrêmes. Cela va être un carnage s'ils tirent dans l'obscurité", car l'électricité a été coupée, a raconté à l'AFP Zacharie Myboto, le président du parti Union nationale (opposition), présent au QG.

En début de matinée, le centre de Libreville était désert et totalement bouclé par la police et des blindés de la gendarmerie. Des scènes de pillages, sans violences, étaient rapportées dans des quartiers périphériques et les communications téléphoniques et internet ont été coupées.

"C'est un État voyou et c'est connu"

Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a affirmé que l'assaut du QG de campagne de Jean Ping visait des "criminels" qui avaient incendié l'Assemblée nationale. "Des personnes armées qui ont incendié le siège de l'Assemblée nationale se sont repliées au QG de Jean Ping en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

Jean Ping a démenti ces accusations affirmant qu'il n'y avait "aucune arme au QG" et demandé une aide internationale. "Nous avons dit que le peuple gabonais est en danger il faut venir nous aider contre ce clan (Bongo)", a-t-il dit, demandant à "bénéficier des ambulances des services français militaires et civils présentes dans le pays". Il a précisé avoir été en contact avec les responsables de l'ambassade de France.

"Ce qui devait arriver est arrivé. C'est un État voyou et c'est connu", a-t-il déclaré sur Europe 1.


Gabon : pour Jean Ping, "La communauté... par Europe1fr

La France a exprimé sa "vive préoccupation" face aux violences ayant éclaté dans la nuit, estimant qu'il n'y avait "aucune place pour la violence" dans un cadre électoral. "Les événements de la nuit à Libreville suscitent ma plus vive préoccupation. Dans le cadre d’un processus électoral, il n’y a aucune place pour la violence", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dans un communiqué, en appelant "toutes les parties à la plus grande retenue, afin d’éviter de nouvelles victimes".

L'Assemblée nationale a été incendiée en fin de journée mercredi par des manifestants et, selon des journalistes de l'AFP, au moins six personnes ont été admises à la polyclinique Chambrier de la capitale gabonaise pour des blessures par balle.

Selon la commission électorale, le président sortant, 57 ans, a été réélu pour un deuxième septennat avec 49,80% des suffrages devant son rival Jean Ping (48,23%), 73 ans, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo, le père d'Ali. Cet écart marginal représente une différence de 5594 voix, sur un total de 627.805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier d'à peine 1,8 million d'habitants.

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