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Les recommandations du CESE pour inciter les Marocains à se lancer dans l'auto-entrepreneuriat

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NIZAR
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ÉCONOMIE - Comment inciter les Marocains à se lancer dans l'auto-entrepreneuriat? C'est l'une des questions sur laquelle s'est penché le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a dévoilé, jeudi 25 août à Rabat, lors de sa 65e session ordinaire, sa vision pour inciter l’initiative entrepreneuriale et participer à l’intégration du secteur informel.

Cette session, marquée par l’adoption à l’unanimité du rapport sur la responsabilité sociétale des organisations, a été l’occasion de présenter le projet de rapport sur "L’auto-entreprise, levier du développement et d’intégration du secteur informel".

Ce dernier établit un diagnostic de la situation de l’emploi dans le royaume, à travers une analyse des données sur le chômage et les politiques de l’emploi. Il procède également à une évaluation des politiques sectorielles de l’auto-emploi et le partenariat, et formule une série de recommandations stratégiques et d’actions pratiques.

Pourquoi ça bloque

Le projet de rapport constate que l’emploi et l’auto-emploi font face à de nombreux défis comme les fluctuations du niveau de croissance incapable de créer des emplois suffisants, une approche morcelée et l'absence de stratégie intégrée de l’emploi et de la formation, l’insuffisance de considération de l’auto-emploi en tant que composante essentielle de la gestion sectorielle, outre le chômage de longue durée élevé chez les jeunes, les femmes et les diplômés et l’inadéquation de la formation avec les besoins du marché du travail.

Élaboré par la Commission permanente des affaires de l’emploi et des relations du travail au CESE, le projet met en avant l’importance du travail indépendant et son rôle central pour mobiliser une société productive et dynamiser l’économie moderne, notant que l’auto-entreprise, en tant que mode de production, a besoin d’être encouragée.

Des réformes institutionnelles nécessaires

Le conseil estime aussi que l’appui de l’initiative privée et de l’auto-entreprise ne peut aboutir que si des réformes institutionnelles sont accomplies et que la gouvernance publique est améliorée, dans un cadre macroéconomique sain et compétitif.

Il relève que la Stratégie nationale de l’auto-emploi doit reposer sur cinq piliers, à savoir le pilier institutionnel avec une bonne gouvernance et une meilleure coordination entre l’ensemble des intervenants et institutions concernés, le pilier social avec la mise en place d’un régime de protection sociale obligatoire en faveur des porteurs de projets et des auto-entrepreneurs et le pilier pédagogique avec l’encouragement de la culture d’initiative au sein de l’ensemble des constituants de la société (famille, école, médias…).

Il s'agit aussi du pilier sectoriel avec l’intégration des initiatives privées dans la chaîne des valeurs, bénéficiant des projets structurants des grands chantiers et enfin du pilier spatial et régional pour bénéficier de la régionalisation avancée, qui repose sur les nouvelles attributions de la région pour décliner les projets sectoriels au niveau régional et local.

Vers la création d'une instance pour accompagner les jeunes entrepreneurs?

Le CESE recommande, dans ce sens, la mise en place d’une instance nationale d’accompagnement et de soutien de l’initiative privée qui aura pour mission, entre autres, de fournir des statistiques, via un observatoire dédié, et d’élaborer des programmes de formation et de formation continue.

Il plaide également pour la restructuration des chambres professionnelles, en vue de soutenir et d'accompagner les entreprises, pour le soutien de l’action de la société civile active en matière de promotion de entrepreneuriat, pour la valorisation des ressources et des productions régionales et la préservation des produits locaux des entreprises féminines.

Intégration des marchands ambulants

Le conseil propose également l’intégration des marchands ambulants, la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle pour intégrer les unités de production du secteur informel et l’organisation et la réglementation des métiers et des professions pour intégrer le secteur informel.

Il appelle enfin à la création de regroupements professionnels, la diversification des sources et modernisation des outils de financement, au soutien et développement des modes d’accompagnement des projets et des entreprises naissantes (Mentorat, essaimage, pépinière et couveuse d’entreprise), ainsi qu'à la tenue d’assises nationales et de rencontres régionales de l’auto-entreprise.

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