Huffpost Maroc mg

Najat Vallaud-Belkacem contre la "prolifération" des arrêtés anti-burkini

Publication: Mis à jour:
BELKACEM
Najat Vallaud-Belkacem contre la "prolifération" des arrêtés anti-burkini | Pascal Rossignol / Reuters
Imprimer

BURKINI - "La prolifération des arrêtés anti-burkini n’est pas bienvenue". C'est ce qu'a estimé jeudi 25 août la ministre française de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, au micro d'Europe 1.

"J’estime que la prolifération des arrêtés anti-burkini n’est pas bienvenue. Je pense que ça pose la question des libertés individuelles. Jusqu’où va-t-on pour savoir si une tenue est conforme aux bonnes mœurs? Ça libère la parole raciste", a poursuivi la ministre d'origine marocaine.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, qui avait déjà occupé le poste de ministre chargée des droits de la femme en France, la multiplication des interdictions nourrit les amalgames et contribue à discriminer une communauté. "Je refuse à tout prix que l’on ne réserve la question de l’égalité homme-femme et de la lutte contre les inégalités qu’à la religion musulmane, comme si seule la religion musulmane venait poser problème en la matière", a-t-elle relevé.

"Contre le burkini"

"Je suis contre le burkini", a affirmé la ministre. "Mon rêve de société est une société où les femmes sont libres et fières de leur corps", poursuit-elle, fustigeant au passage une politique politicienne. "La faute à ceux qui y ont vu un potentiel d’exploitation politique, ce que je déplore totalement dans un moment grave, un moment post-attentat où les Français sont inquiets. Il ne faut pas mettre de l’huile sur le feu".


Najat Vallaud-Belkacem : "La prolifération des... par Europe1fr

S’exprimant également ce matin sur BFM TV, le premier ministre français Manuel Valls a estimé que les arrêtés municipaux anti-burkini, pris dans au moins 30 communes littorales françaises depuis le début de l’été n’étaient pas "une dérive". "C’est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l’ordre public", a-t-il affirmé.

Saisi par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, doit se prononcer ce jeudi sur la légalité de ces arrêtés.

LIRE AUSSI: