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La situation de l'escrime en Tunisie est "très précaire" affirme la médaillée de bronze Ines Boubakri

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INES BOUBAKRI
Issei Kato / Reuters
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Invitée sur la radio Express Fm, la médaillée de bronze en fleuret lors des derniers Jeux Olympiques de Rio 2016, Ines Boubakri est revenue sur la situation difficile de l'escrime en Tunisie.

"Sa situation est très précaire, je n'ai pas honte de le dire. Nous n'avons pas d'équipements, nous n'avons pas de salle correcte, bien équipée" affirme t-elle lors de l'émissions Rio Express.

La Tunisie compte deux salles d'entrainements, malheureusement celles-ci sont dans un état précaire: "C'est bien deux salles, mais il faut voir la situation de ces deux salles...les fenêtres sont cassées, la salle du lycée sportif est toujours gorgée d'eau" note-t-elle faisant remarquer des fuites dans la toiture.

"Depuis un certain temps nous demandons une salle, on espère qu'on va l'avoir, cela demande de l'argent comme n'importe quelle salle, il y a beaucoup de monde qui est prêt à aider" affirme Inès Boubakri

Le problème selon elle vient de la Fédération tunisienne d'Escrime qui n'en ferait pas suffisamment pour son sport: "Il suffit que la fédération le demande et frappe du poing sur la table, elle peut tout avoir mais nous malheureusement, nous n'avons pas de personnes capables de taper du poing sur la table".

Lors de ces J.O, Ines était accompagnée de son entraineur. Ce n'était pas le cas dans les autres compétitions, idem pour le Kiné que les escrimeuses tunisiennes ont pris en charge personnellement: "En fait, le kiné est sensé faire partie de la délégation, mais nous avons demandé un kiné français, c'est pas une question de confiance...le staff de la délégation tunisienne a été réduit, je ne sais pas pourquoi, donc on a demandé à notre kiné personnel, de venir avec nous, parce que nous travaillons les 3 (avec Sarra Besbes et Azza Besbes) avec lui en France" affirme t-elle avant d'ajouter: "On l'a pris en charge, peut-être qu'après on va être remboursées, je l'espère".

Selon, la fleurettiste, ce genre de détails fait la différence entre une médaille de bronze et une médaille d'or: "Ce sont des détails qui font la différence par rapport à d'autres nations, qui ont un staff plus que complet. Par exemple, la France, ils ont même un armurier pour remettre en état le matériel, alors que nous, nous nous en chargeons tous seuls" déclare-t-elle avant de rassurer ses fans: "Tout ça ne va pas nous arrêter".

Au vu des résultats obtenus ces dernières années sur la scène internationale et l'émergence d'escrimeuses de haut niveau sur la scène internationale, l'escrime devrait être popularisé: "Normalement, aujourd'hui, on est sensé dire on va promouvoir ce sport et on va améliorer sa situation" déclare-t-elle.

Pour Ines Boubakri, la Tunisie dispose d'un vivier de jeunes escrimeurs qui n'est pas encouragé "nous avons des générations d'escrimeurs, il y a même des jeunes passionnés qui veulent aller en France parce que faute de moyens, ils ne peuvent plus y arriver ici en Tunisie, ils veulent s'améliorer..donc quand tu ne trouves pas des gens qui sont prêts à se battre pour toi, à t'encourager...les jeunes on en fait quoi? on les abandonne? Ils ne font pas de stages? Ils ne participent pas aux compétitions? Ils n'acquièrent pas d'expérience?"

"Malheureusement en Tunisie, on te dit "amène des résultats, après on verra" renchérit-elle.

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