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"5 médailles ? Tiri berk ?" Taoufik Makhloufi fustige des responsables du sport algérien

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MAKHLOUFI
2016 Rio Olympics - Athletics - Victory Ceremony - Men's 1500m Victory Ceremony - Olympic Stadium - Rio de Janeiro, Brazil - 20/08/2016. Taoufik Makhloufi (ALG) of Algeria poses with his silver medal. REUTERS/Dylan Martinez FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. | Dylan Martinez / Reuters
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Le coureur algérien Taoufik Makhloufi a poussé un violent coup de gueule à l'issue de la finale du 1500 mètres ce dimanche matin. Dans une déclaration à la Radio Chaîne III, il a accusé des "responsables", dont le chef de mission de la délégation, Amar Brahmia, de saboter le sport algérien.

Les Jeux Olympiques 2016 de Rio de Janeiro (Brésil) se clôturent ce soir au stade Maracanã avec un parcours décevant pour l'Algérie. Après Londres en 2012, Taoufik Makhloufi sauve une fois de plus l'honneur de la délégation algérienne avec ces deux médailles d'argent: la première mardi dernier au 800 mètres avec un chrono de 1'42'61 et la seconde ce dimanche matin au 1500 mètres avec un chrono de 3'50'11'.

L'Algérie, représentée par 65 athlètes, était ainsi loin de réitérer le record de Sydney en 2000 ou glaner les quatre médailles escomptées, des ambitions raillées par le coureur.

"5 médailles aux JO ? Tiri berk ?"

Bien qu'heureux de représenter -à ses frais- l'Algérie et d'avoir marqué son Histoire, Taoufik Makhloufi n'en est pas moins remonté contre "les responsables du sport".

Le coureur algérien les a ainsi fustigés. Il les a entre autres accusés de faire de fausses promesses et saboter les athlètes algériens, en les privant des ressources nécessaires -pourtant disponibles- durant leurs préparations et leurs parcours olympiques au Brésil.

"Où est cette préparation dont vous parlez, où sont vos promesses ? Que faîtes-vous ?", s'est-il tout de go interrogé. "Si je les [responsables] avais attendus, je serai encore à Souk Ahras. Ces responsables font croire qu'ils soutiennent le sport algérien mais ne le font pas et se cachent derrière nos résultats, dont ils n'ont aucun mérite", a-t-il renchéri, furieux.

Citant la préparation de l'Américain Matthew Centrowitz, médaillé d'or du 1500 mètres ce matin, Taoufik Makhloufi n'a pas manqué de railler les objectifs de ces responsables de glaner quatre médailles à Rio 2016.

"Ces responsables ne savent faire que des déclarations de langue de bois. Cinq, six médailles aux Jeux Olympiques, disent-ils. Avec quoi, tiriw berk ?", se demande-t-il, avant de souligner la réussite de la préparation dont a pu bénéficier son homologue américain.

"Je me suis rapproché en 2009 de l'entraîneur de Matthew Centrowitz et il m'a fait savoir qu'il préparait son coureur à devenir un champion olympique. Le voilà champion du monde et champion olympique désormais". Le natif de Souk Ahras s'est ainsi demandé où étaient passés les moyens mis à la disposition des sportifs algériens.

"Les autorités ont mobilisé des ressources colossales pour nos athlètes. Où sont-elles passées ? Bouraada aurait pu être médaillé, nos judokas auraient pu arracher des médailles, idem pour nos boxeurs ... mais ils n'ont même pas de moyens, pas même masseurs par exemple", a-t-il témoigné.

Le double médaillé d'argent à Rio 2016 a ensuite accusé, dans une déclaration à l'APS, ces mêmes responsables, sans les nommer, de servir leurs intérêts personnels.

"L'Etat algérien a dégagé des moyens considérables pour aider les athlètes à se préparer dans les meilleures conditions, malheureusement, certains responsables du sport en Algérie, à tous les niveaux, n'ont pas été à la hauteur de la mission qui leur a été confiée. Ils ont déçu le peuple algérien et les pouvoirs publics".

Et de poursuivre: "Ces personnes utilisent leurs postes de responsabilité pour réaliser leurs intérêts personnels contre celui des sportifs. Le gouvernement a alloué de gros moyens pour aider les athlètes algériens mais ces personnes ne pensent qu'à leurs intérêts et le résultat, on le constate lors de ces jeux Olympiques", a-t-il rajouté.

Pour le champion algérien, les deux médailles remportées à Rio de Janeiro sont une réponse sans équivoque à ces personnes qui, selon lui, n'ont rien à faire dans le sport.

"Ils n'ont pas cessé de me dénigrer alors que moi, j'insistais sur le retard enregistré dans ma préparation aux Jeux Olympiques à cause d'un blocage administratif". A ce propos, il citait dans sa déclaration de la Chaîne III le chef de mission de la délégation, Amar Brahmia.

Le résultat obtenu à Rio est le fruit des sacrifices consentis et grâce également au soutien du peuple algérien et de certaines personnes en dehors du domaine du sport dont je préfère taire les noms pour ne pas déranger", a-t-il conclu.

Le héros Bouraada abandonné

Les mêmes accusations émanaient quelques jours plus tôt de Ahmed Mahour Bacha, entraîneur du décathlonien algérien Larbi Bouraada, une des rares satisfactions algériennes au JO de Rio avec, à la clé, une 5e place historique, doublée d’un nouveau record d’Afrique (8521 pts).

Selon Mahour Bacha, une voiture commandée pour transporter l’athlète et son staff, afin qu’ils puissent se déplacer rapidement vers une clinique privée proposant des moyens de récupération, "avait été réquisitionnée pour la soirée et la nuit par deux officiels de la délégation".

"Une fois le 400m terminé, point de voiture, au grand désarroi de l`athlète et de tout ceux qui ont bien voulu rester tard au stade auprès de nous ", a-t-il dénoncé sur sa page Facebook.

Son athlète dénonçait lui aussi le manque de préparation et le non accompagnement dont souffre les sportifs algériens.

Il a dénoncé les moyens "dérisoires" mis à sa disposition avant les Olympiades, estimant que ces derniers ne se préparent pas en trois mois.

"On manque de moyens pour atteindre le niveau mondial. Les Jeux olympiques se préparent pendant deux à trois ans et non pas en trois mois. L'athlète pétri de qualités et qu'il a prouvé à maintes reprises, devrait être pris en charge dans le moindre détail pour qu'il puisse se concentrer sur sa discipline et pouvoir rivaliser avec les meilleurs", a-t-il affirmé.

"Malheureusement ce n'est pas le cas chez nous. A l'approche d'un événement sportif on court à gauche et à droite et on tente de préparer l'athlète à la dernière minute. Nous sommes très loin du niveau mondial", a dénoncé Larbi Bouraada.

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