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Les "Douirette" de Blida, un pan important de l'histoire de la ville menacé de disparition

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DOUIRETTE
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A l'instar des vieilles villes algériennes, le patrimoine de Blida est inestimable. La vieille ville renferme de véritables trésors. Parmi ces derniers le vieux quartier des Douirettes. L'Agence de presse algérienne (APS) a mis la lumière sur l'Histoire du quartier mais aussi sur la nécessité de sauvegarder cet héritage du délabrement et de la vicissitude.

Du haut de ses cinq siècles d'existence, le vieux quartier des "Douirette", un des premiers ensembles urbains de la "Ville des roses" est aujourd'hui dans un état d'abandon quasi général qui efface chaque jour un peu plus ce repère important dans l'histoire et la mémoire de Blida.

Le visiteur à ce vieux quartier datant de l'époque ottomane que les blidéens appellent "le quartier de Ouled Soltan" ou la "Casbah de Blida", rapporte l'APS dans son reportage, est vite frappé par le désordre qui règne dans ses rues et le délabrement avancé des façades de ses vielles demeures dont l'histoire est intimement liée à celle de la ville et sa région.

Considéré comme le plus important bien culturel de la capitale de la Mitidja, ce quartier présente des caractéristiques architecturales semblables à celles de la Casbah d'Alger. Il s'en démarque, cependant, par ses toitures de tuiles rouges et ses portes étroites -semblables à celles de la Souika de Constantine ou à celles de la Casbah de Dellys- et ses patios, souvent agrémentés de fontaines, ainsi que ses jardins intérieurs qui évoquent la lointaine Andalousie.

Les maisons, de style mauresque, se caractérisent par de grandes chambres rectangulaires, longues et étroites. Elles sont généralement désignées selon leur emplacement géographique, en rapport avec les quatre points cardinaux: "Charqya" (orientée vers l'est), "Gharbya" (vers l'ouest), "Qablya" (vers le sud) et "Bahrya" (vers le nord).

Selon de nombreux témoignages d'anciens habitants, le quartier avait abrité de nombreuses réunions de militants durant la guerre de libération et des figures historiques. On se souvient encore des passages de Lâarbi Tbessi et celui de Cheikh Tayeb El Okbi qui y ont séjourné.

Le chercheur en histoire Youcef Ouraghi, qui souligne cette période charnière de la vie du quartier, regrette le manque d'engouement pour les recherches historiques sur la ville, surtout celles, "très rares", portant sur la période ottomane.

Les "Douirette" est également connu pour avoir vu naître de grands artistes Algériens, à l'image de Keltoum, Farida Saboundji, ou encore le chanteur Rabah Deriassa.

Cette vielle cité abrite aussi "le Palais du roi Behanzin Kondo", 11ème roi du Dahomey (Bénin actuellement), une demeure ottomane où le monarque africain avait été assigné à résidence par l'administration coloniale française de 1894 jusqu'à 1906, date de son décès. Le Palais, à l'abandon, est aujourd'hui fermé.

Au fil des ans, le délabrement s'aggrave et le tissu urbain du quartier se disloque sous l'effet conjugué des intempéries et des interventions irréfléchies de l'homme, auxquelles s'ajoute une absence manifeste d'entretien. Sans compter, les constructions anarchiques et les nombreuses modifications qui ont mis à mal le cachet architectural typique des "Douirettes".

Le quartier qui abrite plus de 30.000 âmes, selon des riverains, et qui semble avoir accueilli une des communautés citadines des plus anciennes et des plus raffinées de la région, ne compte, paradoxalement, pas un seul centre culturel ou association de sauvegarde de son patrimoine.

Restauration hors normes, modifications anarchiques

Des bâtisses, parfois centenaires, ont été restaurées par leurs propriétaires sans le moindre respect des normes de réhabilitation et de l'architecture initiale des lieux que la brique et le béton a achevé de défigurer.

Portes en bois, arcs, colonnes et faïences anciennes ont tous été remplacés par des matériaux "modernes" pour aboutir à des "modifications" qui perturbent l'harmonie pensée par les bâtisseurs originels des "Douirettes". Se greffent à cette désolation, l'abandon de nombreuses demeures. Insalubres et délabrées elles ont ont été désertées par leurs occupants depuis de nombreuses années.

Les métiers d'artisanat comme la poterie, la fabrication de savon, l'ébénisterie ou encore la dinanderie, un savoir faire ancestral qui faisait la renommée du quartier, ont, eux aussi, complètement disparus.

Inquiets, des habitants du quartier affirment qu'ils ne cessent d'alerter sur le "danger" que représente la "majorité" des bâtisses vétustes. La nécessité de l'intervention des pouvoirs publics pour aider à leur restauration, semble, selon eux, indispensable.

Une étude est en cours afin d'ériger un secteur sauvegardé du centre ville de Blida, selon le responsable du service du patrimoine à la direction de la Culture de la wilaya, Mourad Messika. Elle englobe le quartier des "Douirette" comme "monument secondaire".

Le directeur du patrimoine au ministère de la Culture, Mourad Bouteflika, a précisé à l"APS, qu'"il faut avant tout créer un périmètre sauvegardé" de la vielle ville de Blida, un projet "en cours d'élaboration", avant de mettre en place "un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur".

L'Algérie compte, aujourd'hui, trois ensembles urbains sauvegardés: celui de la Casbah d'Alger (2012), de la vieille ville de Constantine (2014) et du vieux quartier de Sidi El Houari à Oran (2015).

Seules La casbah d'Alger et la vieille ville de Constantine bénéficient, chacune, d'un plan de sauvegarde.

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