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"Les Olympiades ne se préparent pas en trois mois", affirme Bouraada

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BOURRADA
Algeria's Larbi Bourrada reacts after competing in the Men's Decathlon 400m during the athletics event at the Rio 2016 Olympic Games at the Olympic Stadium in Rio de Janeiro on August 17, 2016. / AFP / PEDRO UGARTE (Photo credit should read PEDRO UGARTE/AFP/Getty Images) | PEDRO UGARTE via Getty Images
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Après son exploit à Rio, le décathlonien Algérien Larbi Bouraada, dénonce le manque de préparation et le non accompagnement dont souffre les athlètes algériens.

Auteur d'un nouveau record d'Afrique avec 8.521 points, l'athlète a dénoncé les moyens "dérisoires" mis à sa disposition avant les Olympiades, estimant que ces derniers ne se préparent pas en trois mois.

"On manque de moyens pour atteindre le niveau mondial. Les Jeux olympiques se préparent pendant deux à trois ans et non pas en trois mois. L'athlète pétri de qualités et qui a prouvé à plusieurs fois devrait être pris en charge dans
le moindre détail pour qu'il puisse se concentrer sur sa discipline et pouvoir rivaliser avec les meilleurs. Malheureusement ce n'est pas le cas chez nous. A l'approche d'un événement sportif on court à gauche et à droite et on tente de préparer l'athlète à la dernière minute. Nous sommes très loin du niveau mondial", a déclaré Bouraada à l'envoyé spécial de l'Agence de presse algérienne (APS) à Rio.

Pourtant la participation, première du genre de l'athlète aux Jeux Olympiques, est loin d'être décevante elle s'apparente même à un réel exploit. C'est le moment choisi par Bouraada pour souligner le manque de moyens de réparation, le décathlonien algérien n'a pas été épargné par les blessures dont une au dos qui l'a tenu éloigner des pistes pendant plusieurs mois.

"J'ai payé cash mon manque de compétition. A ce niveau, il faut être prêt sur tous les plans, malheureusement ça n'a pas été le cas pour moi contrairement à mes adversaires dont certains sont à leur troisième participation aux Jeux
Olympiques." a expliqué Bouraada.

Les problèmes de l'athlète, qui peuvent certainement être élargi à nombre d'autres athlètes algériens, ne s'arrêtent pas au manque de compétition. "J'ai rencontré beaucoup de problèmes pour avoir à mes côtés mon entraîneur adjoint Hocine Mohamed. Je le remercie pour tout ce qu'il a fait pour moi à Rio, il était avec moi 24H/24. Lors des deux jours de compétition, Il n'a pas dormi un instant, il me massait entre deux épreuves allant jusqu'à me frapper. Il a également pris beaucoup de risques pour entrer au village olympique et au stade", a encore dit Bourrada.

En terminant parmi les cinq meilleurs au monde, Bouraada ne doit l'exploit qu'à sa personne et aux entraîneurs qui l'ont soutenu. "Je suis très content de ma performance, ce n'est pas chose facile de se classer dans les cinq premiers aux JO. Certes, j'aurais aimé décrocher une médaille olympique mais le manque de moyens et de compétition ainsi que
la blessure m'ont empêché de réaliser mon objectif, j'espère que le peuple va me comprendre. Il y a beaucoup qui ne connaissent pas le décathlon, c'est une discipline très difficile", a-t-il précisé.

Quant à son avenir, le record man d'Afrique le conditionne par l'assistance de la fédération algérienne d'athlétisme. Sans la mobilisation des moyens nécessaires pour poursuivre son oeuvre et améliorer ses performances au niveau mondial, rien ne sera possible.

"J'ai besoin d'aide de la fédération, des moyens pour travailler et progresser. Je veux des moyens de récupération et du matériel d'entraînement. Je veux aussi disposer d'un Kinésithérapeute, c'est la moindre des choses pour un athlète de l'équipe nationale", a-t-il lancé.

Des requêtes qui semblent évidentes pourtant Bouraada n'a pu en bénéficier à ce jour.

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