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Polémique sur la fusion des ENSA-FST-EST, le ministre de l'Enseignement supérieur Lahcen Daoudi s'explique

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DAOUDI
MAP
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ENSEIGNEMENT - Pour les non-connaisseurs, les ENSA sont les Ecoles nationales de sciences appliquées. Au nombre de 11, ces écoles nationales d’ingénieurs incluent un cycle préparatoire intégré et trois ans de cycle d’ingénieur. Les FST sont les Facultés de sciences et technologies. Leur formation initiale est la licence en sciences techniques. Le Maroc en compte actuellement 7. Les EST, quant à elles, sont les Ecoles des sciences et technologies, et elles délivrent des DUT (Diplômes universitaires techniques) avec possibilité d’obtenir un diplôme d’ingénieur suite à un concours ou un DEUST dont les débouchés sont un master en sciences et techniques. Ces EST sont au nombre de 13.

Jusqu’à aujourd'hui, il s'agit de trois écoles différentes dotées, chacune, de ses attributions propres. Un décret datant du 8 août 2016 en a décidé autrement, puisque les trois instituts vont adopter la nouvelle appellation d’"Ecoles polytechniques", signifiant, dans certains cas, une fusion entre ces établissements, pour donner en tout 15 écoles polytechniques.

"Mettre en valeur les étudiants ingénieurs"

Le but de ce changement est de "mettre en valeur les étudiants ingénieurs", explique au HuffPost Maroc le ministre de l'Enseignement supérieur Lahcen Daoudi, ajoutant que "cette initiative s’associe à celle du rapport de Bernard Attali, qui recommandait de regrouper les écoles d’ingénieurs autour de Polytechnique", en France.

Selon Lahcen Daoudi, "le Maroc ne peut se permettre de dévaloriser ses ingénieurs, bien au contraire. L’État dotera ces établissements de nouveaux équipements". Car "pour préparer le Maroc de 2020-2025, il nous faut de plus gros budgets pour la recherche et un plus grand nombre d’ingénieurs", plaide le ministre.

"La création des 15 écoles polytechniques ne sera officiellement actée qu’au cours de l’année académique 2016-2017, et non à la rentrée, en septembre", ajoute le ministre de tutelle, qui précise également qu’"il faudra un an ou deux pour émettre l’ensemble des textes encadrant cette fusion".

Les étudiants des ENSA expriment leurs craintes

Néanmoins, les étudiants des 11 ENSA du Maroc ne voient pas cela du même œil, et expriment plusieurs craintes et revendications quant au devenir de leur formation, qui est la seule des trois écoles à être exclusivement tournée vers l’ingénierie, en plus du fait que leurs "seuils de concours sont parmi les plus élevés des établissements supérieurs, alors que les conditions d'accès aux autres écoles sont beaucoup moins rigides", explique au HuffPost Maroc un étudiant de l'ENSA.

Une autre question très présente sur les réseaux sociaux est celle de la rétroactivité de cette décision. Les élèves déjà engagés dans les cursus de l’ENSA avaient postulé pour une école qui va changer et qui "va perdre son indépendance et sa particularité", poursuit notre interlocuteur à l'ENSA.

Les étudiants en ingénierie craignent, également, la perte des partenariats. Lahcen Daoudi répond à cette inquiétude et rassure les étudiants: "non seulement les partenariats seront maintenus mais il nous faudra réseauter encore plus".

Les ENSAistes sont aujourd’hui organisés en plusieurs groupes sur les réseaux sociaux, et ont même créé un hashtag, #contrelafusion. De plus, les présidents des bureaux d’étudiants des ENSA ont constitué une commission qui, du fait du poids numérique important des ENSAistes ainsi que leur répartition sur l’ensemble du territoire, espère constituer un véritable contrepoids qui fasse barrage à la décision du ministre, ce qui n'est pas sans rappeler la mobilisation des étudiants de médecine contre le service sanitaire obligatoire, et le blocage qui en a résulté.

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