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A Chefchaouen, les cultivateurs de cannabis absorberaient l'eau de la région

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MARIJUANA MOROCCO
A farmer guards his plantation of cannabis near Chefchaouen, March 27, 2008.REUTERS/Rafael Marchante(MOROCCO) | Rafael Marchante / Reuters
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CANNABIS – Pour arroser leurs champs de cannabis, les cultivateurs de Chefchaouen et ses environs s’accapareraient l’eau de la région. Résultat: les habitants des villages voisins seraient confrontés à une pénurie d’eau. C’est le site d’information local Chaouenpress.com qui rapporte l’information ce mercredi.

Ce dernier juge "inconcevable" qu’une telle situation puisse se produire à Chefchaouen, ville connue pour ses nombreux barrages d’eau et fleuves à proximité, et qui compte parmi les villes qui enregistrent les taux de précipitation les plus importants.

Ce sont les habitants des zones rurales de la région qui se sentiraient le plus menacés par cette utilisation exagérée de l’eau par quelques "personnes influentes de la région", selon Chaouenpress. D'autant plus que, selon le site, la surexploitation des ressources hydriques se ferait en l’absence de tout contrôle de la part des autorités locales.

Selon des habitants des villages avoisinants, interrogés par le site d'information, les cultivateurs de haschich auraient recours à des pompes géantes, ce qui a assécherait considérablement leurs puits et réserves d’eau.

Et la fraude ne s’arrêterait pas là. Selon le journal, il serait aussi question de vol de courant électrique, ce qui provoquerait régulièrement des coupures d'électricité dans la région "en raison de la forte pression sur le réseau de distribution".

Le Maroc, premier producteur au monde

Malgré ses efforts pour réduire les plantations de cannabis sur son territoire, le Maroc demeure le premier producteur mondial de haschich, selon le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié en juin dernier.

"L’Europe, l’Afrique du Nord, ainsi que le Proche et le Moyen-Orient demeurent les principaux marchés de la résine de cannabis, toujours produite en majeure partie au Maroc et en Afghanistan, comme le montrent les informations fournies par les États membres concernant la provenance de la résine saisie", expliquait alors l’institution onusienne.

L’hypothèse d’une légalisation dans le pays est souvent discutée. Il faut dire que le débat au Maroc a fait son apparition dans le sillage de la légalisation du cannabis dans les pays comme les Etats-Unis, où le Colorado a dû passer par un référendum pour légaliser l’usage récréatif de l’herbe.

Des politiques marocains, au premier rang desquels ceux de l'Istiqlal et du Parti authenticité et modernité (PAM), ont d'ailleurs déposé une proposition de loi pour une légalisation du cannabis à usage médical et industriel.

L’idée est de "permettre d’exploiter cette plante pour créer une économie licite afin de régler le problème des cultivateurs et de leurs familles mais aussi d’améliorer l’économie dans les régions de culture du kif, souvent marginalisées", nous confiait le militant associatif Chakib Al Khayari, spécialiste de la question. "D’autre part, il aidera le Maroc à résoudre les problèmes liés au trafic international de drogues".

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