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Démantèlement du réseau pédo-pornographique: Les mineurs étaient payés 1000 dirhams pour tourner les films

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Démantèlement du réseau pédo-pornographique: Les mineurs étaient payés 1000 dirhams pour tourner les films | ministère de l'Intérieur espagnol
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PÉDO-PORNOGRAPHIE – Nouvelles révélations dans l’affaire du réseau pédopornographique démantelé le mardi 8 août par la police espagnole. Le réseau qui opérait depuis l'Espagne dans plusieurs pays dont le Maroc, payait 1.000 dirhams des mineurs pour obtenir des photos et vidéos pornographiques, selon le quotidien Al Massae qui cite des sources proches du dossier.

Au Maroc, les images ont été tournées dans les villes de Marrakech et Tanger avec des mineurs qui ont été trouvés via des intermédiaires qui ont empoché des millions pour ce "travail", selon le quotidien arabophone.

Le réseau se préparait au moment de son démantèlement à tourner un film avec des mineurs marocains devant participer à des orgies, selon la même source. Aucune enquête judiciaire n’est encore ouverte pour le moment au Maroc concernant cette affaire.

"Nommer ces phénomènes par leur nom"

Selon l’association “Touche pas à mon enfant“, la plus active en matière de lutte contre la pédophilie au Maroc, les bénéfices des réseaux de traite d’enfants arrivent en troisième position après la vente d’armes et le trafic de drogue, indique au HuffPost Maroc le secrétariat de cette association basée à Agadir.

Malgré cela, la lutte contre ce fléau n'est pas suffisamment appuyée par la justice, estime l'association. “Le législateur au Maroc ne veut pas avouer qu’il y a de la prostitution enfantine et qu’il y a des réseaux criminels", ajoute l'association présidée par Najat Anwar. "Notre législateur doit nommer ces phénomènes par leur nom, et il serait souhaitable que la société politique, la société civile et nos intellectuels se focalisent sur ce problème qui menace l’avenir de nos enfants. En principe, c’est le combat de tous les Marocains.“

Faute de moyens humains et matériels nécessaires, l'association mise ainsi sur les campagnes de sensibilisation et les sit-in pour "faire de pression sur le législateur par tous les moyens autorisés à la société civile“.

Des "forfaits" à des touristes pédophiles au Maroc

Il a fallu une longue enquête conjointe des forces de police espagnoles pour mettre fin aux activités du réseau. Ce dernier a produit entre 2000 et 2015 des images et des vidéos pornographiques en recrutant et en exploitant sexuellement des enfants en situation précaire à Barcelone, Tortosa (nord-est de l’Espagne), Valence et au Maroc.

Le réseau organisait aussi des voyages pour la production d’images au Sri Lanka, en Tunisie, au Cambodge, au Laos, en Thaïlande, à Singapour, en République tchèque, au Kenya, en France et aux îles indonésiennes de Java et Bali.

Le démantèlement du réseau a conduit à l’arrestation de sept personnes dont deux Français et un Marocain. L’exploitation des fichiers saisis lors des arrestations permettra de localiser 28 noms de domaines sur Internet par lesquels plus d’un million de photos et de vidéos ont été partagées et plus de mille DVD distribués.

L’enquête a permis de recenser au moins 80 mineurs exploités par ce réseau via l’usage de drogue, d’alcool ou par le recours à d’autres mineurs. Dix-neuf enfants ont été identifiés. Au Maroc, le réseau envisageait même d’installer une base pour offrir des services de tourisme sexuel en vendant des “forfaits“ à des pédophiles.

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