Huffpost Maroc mg

Des peines de prison pour les Marocains qui réclamaient la nationalité espagnole à Sidi Ifni

Publication: Mis à jour:
SIDI IFNI
Ledesk
Imprimer

JUSTICE - Quatre mois à un an de prison. Ce sont les peines prononcées par le tribunal de première instance de Tiznit, lundi 15 août, à l'encontre des huit jeunes marocains qui avaient occupé illégalement un ancien bâtiment du protectorat espagnol à Sidi Ifni, le 25 juillet dernier.

Ils réclamaient la nationalité espagnole et protestaient contre leur marginalisation, estimant être les "laissés-pour-compte" du Maroc. Un des prévenus, Mohamed Amazouz, connu pour son militantisme au sein de la branche locale de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), a été condamné à un an de prison. Un autre manifestant a, lui, été condamné à quatre mois d'emprisonnement, et les six autres manifestants à huit mois.

Selon le site local d'informations Ifni24, les huit prévenus ont été condamnés pour violences contre les forces de l'ordre, insultes envers des agents dans l'exercice de leur fonction et résistance lors de l'arrestation. L'accusation concernant l'occupation et la dégradation d'un bâtiment public n'a finalement pas été retenue contre eux car l'Espagne, à qui appartient l'édifice, a renoncé à porter plainte contre eux, selon l'agence de presse espagnole EFE.

Lors de leur action, les manifestants avaient grimpé sur le toit de la Bagadoria, un vieux bâtiment désaffecté du centre-ville, en brandissant des drapeaux espagnols. Ils souhaitaient ainsi s'adresser à l'Espagne dans l'espoir d'obtenir la nationalité ibérique, à l'instar des juifs séfarades expulsés d'Espagne en 1492, qui obtiendront la nationalité espagnole suite à une loi entrée en vigueur en octobre dernier.

Dans sa version finale publiée au bulletin officiel espagnol, la loi n'inclut pas les descendants des Maures expulsés d'Espagne au XVIIe siècle et depuis installés au Maroc. "Les jeunes réclament une équité de traitement des dossiers pour l’obtention de la nationalité espagnole pour les natifs de Sidi Ifni", avait ainsi expliqué au Desk une source locale.

Les revendications des manifestants s'inscrivent dans un contexte de tensions sociales, huit ans après les manifestations qu'avait connues la ville en 2008. Le port de la ville avait alors été bloqué par des manifestants qui protestaient contre la marginalisation de Sidi Ifni et la hausse du chômage.

LIRE AUSSI :