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Le général Benhadid: "il y avait un accord total entre la présidence et le MDN pour mon arrestation"

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BENHADID
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34 jours après sa libération provisoire, le général à la retraite Hocine Benhadid rompt le silence et parle des conditions de sa libération à trois quotidiens nationaux.

Selon les quotidiens El khabar et Le Soir d'Algérie, le général à la retraite Benhadid a apporté les pièces manquantes au puzzle permettant de comprendre l'inattendue décision de sa libération.

Selon Le Soir d'Algérie, la libération du général à la retraite s'est faite dans des conditions aussi confuses que celles qui ont entourées son arrestation. "La veille de son élargissement, des informations contradictoires avaient commencé à circuler au sujet d'une décision de transférer le dossier du détenu au tribunal militaire. La famille et même les avocats ne savent que penser. L'information avait circulé le 10 juillet au soir. Le lendemain, son avocat Me Bachir Mechri se rend à El-Harrach et constate que rien n’a changé. Vers 12h30, la chaîne de télévision Ennahar annonce la libération de Benhadid", rapporte la journaliste du Soir d'Algérie.

Les deux journaux évoquent la visite d'une délégation de la Croix rouge international (CICR) qui aurait changé les donnes, selon l'ex-détenu d'El Harrach.

Les détenus de la maison d'arrêt d'El Harrach ont reçu la visite d'une délégation du CICR en juin. Soit un mois avant l'élargissement du général Benhadid. Ce dernier raconte sur El Watan, le troisième journal qui a pris part à cette rencontre restreinte, «en fait, il y a eu la visite à la prison d’El Harrach d’une mission du CICR. Le premier jour, l’un des représentants m’a juste demandé mon nom. Il est revenu le deuxième jour pour me poser une série de questions sur mon état de santé. Le lendemain, j’ai été libéré. Est-ce qu’il y a un lien entre les deux ? C’est possible…"

M. Benhadid est convaincu d'avoir été "emprisonné et libéré sur de simples coups de téléphone". "Je suis resté 286 jours en prison et auditionné durant 30 heures. Je suis entrée en prison sur un coup de fil suite à mes déclarations sur la chaîne de télévision Al Magharibia qui auraient fait peur aux décideurs des années 90."

L'identité de la personne qui a ordonné son incarcération, il ne la connait pas. Cependant, il reste convaincu, que son arrestation a eu lieu suivant "un accord total entre El Mouradia (La Présidence) et les Tagarins (Le ministère de la Défense)"

Si M.Benhadid croit qu'il sera jugé fin octobre prochain, son avocat Me Mechri, n'est pas du même avis. Ce dernier estime que la situation dans laquelle est aujourd'hui son client arrange mieux ceux qui ont ordonné son emprisonnement.

Benhadid dont l'état de santé est inquiétant voudrait pouvoir "régler rapidement sa situation pour pouvoir bénéficier de soins à l'étranger". Chose qu'il ne peut faire aujourd'hui à cause de sa mise sous contrôle judiciaire.

Poursuit sa thérapie à l’hôpital Mustapha où ses médecins ont programmé 37 séances de chimiothérapie, le général à la retraire affirme qu'il va "déposer un dossier pour une prise en charge à l’étranger". "Il faut qu'on me libère pour que je puisse me soigner."

Me Mechri renchérit "cette situation est gênante dans le cas d’un malade. Le dossier doit être réglé rapidement par la tenue d'un procès ou le classement définitif du dossier afin de permettre à cet homme de se soigner et de retrouver une vie normale."

Le général à la retraire tient à préciser que "ce qui est important' pour lui, "c’est que l’opinion publique soit convaincue que Benhadid n’a pas marchandé sa libération et qu’il est toujours aussi convaincu de ce qu’il a dit et qui lui a valu la prison. Il continuera à exprimer ses avis quel qu’en soit le prix. C’est une question de temps.Le plus urgent, pour l’instant, est de m’occuper de ma santé, qui s’est sérieusement détériorée en prison."

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