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La Banque d'Algérie critique l'"alarmisme" de la Banque Mondiale sur les réserves de change du pays

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Le siège de la Banque Mondiale à Washington | Wikipedia Commons
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Des réserves de change à 60 milliards de dollars en 2018 ? Cette projection "alarmiste" de la Banque Mondiale (BM) a fait réagir la Banque d'Algérie (BA) qui affirme qu'à cette date ils seront très "nettement supérieur" au chiffre avancé par l'institution mondiale.

"Le niveau des réserves à fin 2018 sera nettement supérieur à celui annoncé par la BM, notamment en raison des effets de la consolidation budgétaire et de l’impact de celle-ci sur les comptes extérieurs et corrélativement des réserves de change", a indiqué la Banque d'Algérie dans un communiqué.

La Banque d'Algérie qualifie l'estimation de 60 milliards de dollars avancée par le rapport de la Banque mondiale sur la région du Moyen Orient- Afrique du nord de "quelque peu alarmiste et ne reposant pas sur des hypothèses probantes".

A fin juin 2016, le niveau des réserves de change est estimé à près de 122 milliards de dollars, note la Banque d'Algérie. Dire qu'ils seront à 60 milliards de dollars en 2018 signifie "qu'elles vont baisser de 62 milliards de dollars en deux ans, soit 31 milliards de dollars de déficit annuel moyen du solde global de la balance des paiements. Ce qui paraît totalement improbable".

La BA précise que durant l'année 2016 où le prix du pétrole a été le plus faible, le déficit estimé de la balance des paiements sera inférieur à celui de 2015 (27,5 mds USD). Or, rappelle la Banque d'Algérie, toutes les prévisions dont celles de la BM tablent sur des prix de pétrole vont être supérieurs en 2017 et 2018 tandis que la croissance des exportations en quantité a repris en 2016 et devrait se poursuivre en 2017 et 2018.

algeria oil

Près de Hassi-Messaoud

"Il devient dès lors parfaitement intelligible que les niveaux de 31 mds USD de déficits annuels ne pourront être atteints et, par conséquent, que le niveau des réserves à fin 2018 sera nettement supérieur à celui annoncé par la BM" ajoute la Banque d'Algérie

Des hypothèses imprécises

La BA note que le chiffre de 60 milliards de réserves est avancé sans que les économistes de la Banque Mondiale ne donnent des précisions sur les hypothèses sur lesquelles ils se fondent les économistes pour établir ce type de projection".

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Pour la Banque d'Algérie, la projection de la BM "fait l'impasse sur les évolutions prévisibles des différents indicateurs déterminant l'évolution des réserves de change de l'Algérie" et se contente de la seule donnée du prix du pétrole qui devrait osciller entre 41 et 60 dollars entre 2016 et 2018.

Les prévisions d'exportations des hydrocarbures en tonnes équivalent pétrole (tep) entre 2016 et 2018 sont à la hausse. Couplées à une croissance des prix telle que prévue par le département de la recherche du FMI devrait se traduira par une "croissance des exportations d’hydrocarbures en valeur sur cette même période", indique la BA.
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A cela s'ajoute une baisse des exportations en "tendance baissière depuis début 2015, chutant de 11,8% (de 59,7 à 52,7 Mds USD), soit sept (07) milliards de dollars USD en moins, en 2015 par rapport à 2014."

La tendance s'est poursuivie au premier semestre 2016 avec une diminution de 11,2% par rapport à la même période. "Les importations de biens ont baissé de 27,6 à 25,1 milliards de dollars entre le premier et le second semestre de 2015 et de 25,1 à 24,5 milliards de dollars entre le second semestre de 2015 et le premier semestre de 2016."

Les pouvoirs publics ne resteront pas "inertes"

Conclusion de la BA, les évolutions inverses des exportations et des importations "vont réduire substantiellement les déficits de la balance commerciale et, par conséquent, les déficits des balances courante et globale".

En outre, estime l'institut d'émission algérien, la BM semble "tabler sur une totale inertie et absence de réactivité des pouvoirs publics" alors que le "nouveau modèle de croissance" n'est plus fondé sur la dépense publique mais sur l'investissement marchand.

L'Etat ne dépensera "pas beaucoup plus qu'il n'a de recettes et devrait donc déboucher vers des déficits parfaitement soutenables, sinon vers un équilibre budgétaire" indique la BA qui précise cependant que la démarche "ne signifie pas qu'il y aura des coupes drastiques dans les dépenses publiques".

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