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Le directeur d'Al Ahdath al-Maghribya interrogé par la police sur demande du département de Hakkaoui

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TUDE
MAP
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LIBERTÉ DE LA PRESSE - Dans un communiqué diffusé jeudi 11 août, le ministère de la Femme, de la famille et de la solidarité annonce avoir adressé une correspondance au ministère de la Justice afin qu'il ouvre une enquête sur la diffusion, par "deux journaux respectables" (dixit le communiqué) de l'enquête nationale sur le handicap avant sa publication officielle.

Le ministère a indiqué que sa demande d'ouvrir une enquête vise à sanctionner la personne à l'origine de la divulgation du rapport qui, en agissant de la sorte, est "coupable de manquement au devoir professionnel". Et le département de Hakkaoui de rassurer: l'ouverture de l'enquête n'a aucunement pour but de punir le journaliste qui "a rempli son devoir envers l'opinion publique" (sic).

Et la protection des sources, on en fait quoi?

Ça, c'était le communiqué. Puis il y a les faits: Mokhtar Laghzioui, directeur du quotidien arabophone Al Ahdath al-Maghribya, qui a publié les détails de l'enquête nationale sur le handicap, a reçu une convocation de la police judiciaire. L'audition, prévue pour lundi 15 août, aura pour objectif d’identifier et sanctionner la source d'Al Ahdath au ministère de Hakkaoui.

Celle que les ONG féministes qualifient de "ministre antiféministe" ajoutera bientôt un nouveau sobriquet peu valorisant à son tableau de chasse: celui de "ministre anti-journalistes". Connue pour sa frilosité envers les médias, Bassima Hakkaoui aurait dû, d'abord, consulter le code de la presse. Dès son article 1, il dispose que "les citoyens ont droit à l’information. Tous les médias ont le droit d’accéder aux sources d’information et de se procurer les informations de sources diverses, sauf si lesdites informations sont confidentielles en vertu de la loi". "En outre, tous les codes de la presse au Maroc, y compris celui adopté par le gouvernement Benkirane, garantissent la protection des sources des journalistes. Celle-ci n’est d’ailleurs levée qu’en vertu d’une décision de la justice dans les cas impliquant la défense nationale et la sûreté interne ou externe de l’Etat", rappellent pertinemment nos confrères de Yabiladi.

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