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Les Etats Unis critiquent avec modération l'état des libertés religieuses en Algérie

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AISSA
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Les Etats Unis ont critiqué l’état des libertés religieuses en Algérie et certaines pratiques du gouvernement à l’égard des minorités religieuses, dont des déclarations du ministre des Affaires religieuses Mohamed Aissa, dans un nouveau rapport publié mercredi 10 août.

Cette édition 2015 du rapport sur les libertés religieuses dans le monde, établi chaque année par le Département américain, a relevé une déclaration du ministre Mohamed Aissa en juillet 2015 concernant les salafistes et les chiites en Algérie.

“Le 16 juillet, le ministre Aissa a mis en garde, dans une déclaration publique, contre les dangers du salafisme radical, ainsi que contre “l'intrusion” de l’islam chiite”, a indiqué le document.

Le rapport a également constaté un nombre de cas d’emprisonnement et de “persécution” liées aux pratiques de foi en Algérie. Il évoque notamment la condamnation en février 2015 du journaliste Mohamed Chergui à trois ans de prison ferme pour “atteinte au prophète”.

M. Chergui, relaxé en appel en avril dernier soit après la période couverte par le rapport, a été licencié et attaqué en justice par son journal El Djoumhouria en 2014. Il avait repris l'article d'un chercheur européen sur les expressions coraniques qui a été considéré par la direction du journal comme une "atteinte" au prophète.

Ramadan, églises et bureaucratie

Le rapport évoque aussi les cas d’arrestation ou de harcèlement des non-jeûneurs durant le ramadan 2015.

“En juin, des forces de sécurité ont essayé de disperser un groupe d’individus qui étaient en train de boire et de manger en privé durant le ramadan”, relève le document.

Le département de John Kerry souligne également, comme dans l’édition précédente du rapport, les difficultés bureaucratiques que rencontrent certaines minorités religieuses non-musulmanes comme les églises catholiques, ce qui entrave leur fonctionnement normal.

“Des membres de ces églises ont indiqué qu’il n’y avait aucune ingérence gouvernementale dans leur travail religieux, mais ils disent avoir subi des difficultés administratives et bureaucratiques”, peut-on lire dans le document.

Pas tout blanc, pas tout noir

Loin de louer les libertés religieuses dans le pays, le département d’Etat note toutefois quelques points positifs dans son rapport. Le document relève notamment des déclarations des responsables condamnant les actes de violence au nom de l’islam ainsi que des appels à la tolérance entre les religions.

“De hauts responsables du gouvernement ont publiquement condamné les actes de violence commis au nom de l’islam (...) et ont incité tous les membres de la société à rejeter les comportements extrémistes”, rapporte le document.

Le rapport estime à plus de 99% le pourcentage des musulmans sunnites en Algérie tandis que les autres minorités représentent moins de 1% de la population.

Le but de ce document annuel n’est pas de “donner des leçons” selon le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, mais “d’informer, encourager et en fin de compte persuader”. Selon lui, le fanatisme et l’intolérance existent partout dans le monde, même aux Etats-Unis, “mais chaque pays a l’obligation de respecter la liberté religieuse et la liberté de conscience”.

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