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Algérie-Belgique: Polémique sur les rapatriements des illégaux après l'attaque de Charleroi

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CHARLEROI ATTACK
A Belgian police officer searches a visitor outside the main police station where a machete-wielding assailant attacked and injured two female police officers on Saturday in Charleroi, August 9, 2016. REUTERS/Francois Lenoir | Francois Lenoir / Reuters
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L'Algérie coopère de manière "pragmatique" avec les autorités belges pour le rapatriement de ses nationaux en situation illégale et il n'est pas nécessaire de conclure un accord bilatéral de réadmission, a déclaré l'ambassadeur d'Algérie à Bruxelles, M.Amar Belani.

Une réponse courtoise mais ferme aux accusations émises par un officiel belge sur le manque de coopération des autorités algériennes en matière de rapatriement des Algériens en situation illégale en Belgique.

La polémique avait été lancée après l’attaque à la machette menée à Charleroi par Khaled Babouri, un Algérien qui séjournait illégalement en Belgique et qui a fait l’objet deux ordres de quitter le territoire qui n’ont pas été exécuté.

"Les retours forcés vers l'Algérie restent problématiques, malgré des années de négociations européennes et bilatérales. Après notre accord conclu avec le Maroc, un autre doit suivre avec l'Algérie, de préférence sous mandat européen", avait déclaré le secrétaire d’Etat belge à l’immigration, Theo Francken.

"L’auteur de l’attaque a fait l’objet de deux ordres de quitter le territoire, en 2012 et 2014, mais il se fait qu’il vient d’un pays avec lequel la collaboration est particulièrement difficile" avait-il indiqué en affirmant que "l’Algérie est réticente à reprendre ses nationaux."

Amar Belani, ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, s’est inscrit en faux contre les affirmations du responsable belge. Dans une déclaration au journal belge La Dernière heure, il révèle que l’Algérie n’a reçu dans le cas de Babouri "aucune demande, aucune sollicitation de la part de l’Office des Étrangers quant à son identification comme étant un Algérien et, à plus forte raison, nous n’avons rien reçu quant à l’exécution de la mesure d’éloignement vers l’Algérie."

155 Algériens en situation irrégulière rapatriés en 2015

Le manque de "collaboration" ne peut donc être invoqué dans le cas de l’auteur de l’attaque de Charleroi qui a été revendiquée par l'EI. L’ambassadeur affirme que l’Algérie collabore sur tous les cas dont elle est saisie. "Chaque fois qu’on a été saisi et qu’il a été déterminé que l’intéressé était algérien, la coopération s’est enchaînée de manière tout à fait mécanique."

Pour démontrer que cette coopération existe et fonctionne, Amar Belani a cité un bilan de 155 Algériens en situation irrégulière qui ont été rapatriés en 2015 "avec la bonne la coopération des services consulaires algériens parce que, dans ces cas-là, on avait été saisi et il y avait un travail qui avait été fait avec l’Office des Étrangers."

"On est des deux côtés entre cet agresseur immonde qui est de nationalité algérienne et cette victime innocente qui est belge d’origine algérienne" en évoquant le cas d’une policière d’origine algérien blessée lors de l’attaque. Sur le fond, Amar Belani, estime que la « coopération entre l’Algérie et la Belgique existe : elle est pragmatique, elle est constructive. On n’a pas besoin d’accords bilatéraux de réadmission."

charleroi attack

"Je suis Hakima et Corrine", du nom de deux policières attaquées.

L’Office des étrangers belge a confirmé que l’Algérie n’avait pas été saisie du cas de Khaled Babouri parce que "les éléments analysés n’ont pas laissé penser qu’il s’agissait d’un dossier prioritaire". Mais son porte-parole, Dominique Ernould maintient que la conclusion d’un accord bilatéral de réadmission était nécessaire.

Dominique Ernould affirme, toujours dans Dernière Heure, que la coopération avec les Algériens "n’est pas facile parce que les ambassadeurs tournent et changent tous les trois, quatre ans. Donc, il faut aller faire des visites de courtoisie, négocier, se présenter. La politique de l’un ne sera pas nécessairement la même que son remplaçant… Alors que, quand on a un accord bilatéral de réadmission, on a une base juridique légale et on ne doit plus tergiverser. On continue donc de négocier en ce sens avec l’Algérie."

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