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Le Marocain Rachid Rafaa, sous mandat d'arrêt international, serait-il au Brésil?

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ÉVASION - Assigné à résidence en Martinique, la disparition du présumé djihadiste Rachid Rafaa depuis maintenant plus de deux semaines suscite l'inquiétude des polices françaises, mais également brésiliennes. Selon le quotidien brésilien O Globo, l'homme aurait été vu pour la dernière fois dans la petite ville de Saint-Georges, en Guyane française, située à quelques kilomètres de la frontière avec le Brésil, simplement séparée par une rivière.

"La police civile de l'Etat a reçu un avertissement de la part des enquêteurs français sur la dangerosité présumée de Rachid Rafaa qui, dans les documents, utilise aussi les noms de Saïd Kacini, Bruno Petit et Richard Burel. L'affaire a été saisie par l'Agence brésilienne de renseignement (Abin) et Interpol", indique O Globo.

Selon le quotidien, les services de renseignement brésiliens redoutent les menaces potentielles que pourrait poser cet homme pour la sécurité des Jeux olympiques, qui se tiennent actuellement à Rio de Janeiro jusqu'au 21 août. Rachid Rafaa est en effet soupçonné d'avoir des contacts avec Daech. Des avis de recherche avec la photo du fugitif ont ainsi été envoyés aux postes frontaliers, aux aéroports et aux ports de tout le pays.

Selon un responsable sécuritaire cité par O Globo, la frontière entre la Guyane française et le Brésil est sensible, "surtout à un moment où la France est la cible d'attaques terroristes". Selon lui, elle peut être traversée en cinq minutes, en utilisant simplement un canot à moteur. "Le Nord (du Brésil, ndlr) a besoin d'une attention constante", ajoute-t-il, précisant que le trafic d'armes est important dans cette région proche du Suriname, pays connu pour être un fournisseur d'armes lourdes.

Selon les enquêteurs, le suspect aurait été en contact avec une femme de 41 ans qui vit à São Paulo. Les agents ont révélé qu'ils échangeaient souvent des messages sur un réseau social et utilisaient également un service téléphonique sur Internet.

L'homme de quarante ans, un informaticien né à Marrakech soupçonné par les autorités marocaines d'avoir des liens avec l'organisation terroriste Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), avait été arrêté en 2009 en France où il vivait alors.

Il devait initialement être extradé vers le Maroc, mais son extradition avait été interdite en 2013 par la Cour de justice européenne. L'homme accusait en effet le Maroc de torture lors d'un séjour passé dans le pays. Depuis mai 2014, Rachid Rafaa était assigné à résidence dans la commune du Morne-Rouge, en Martinique. Le 27 juillet, alors qu'il devait pointer comme chaque jour, Rachid Rafaa ne n'est pas présenté aux gendarmes. Depuis, il est introuvable.

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