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L'ambassadeur d'Arabie à l'Onu fustige le "voyage du déshonneur" d'un ex-général saoudien en Israël

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ANWAR ASHKI
L'ex général Anwar Eshki, qualifié de "tambourin de la normalisation" par l'ambassadeur saoudien à l'ONU | Capture d'écran
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Il y a deux semaines, un général saoudien à la retraite, Anwar Eshki, qui dirige le Middle East Center for Strategic and Legal Studies, à Djeddah, s'était rendu en Israël, à la tête d'une délégation d'universitaires et d'hommes d'affaires saoudiens.

Il y avait rencontré le directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien, Dore Gold, le Coordonnateur des activités gouvernementales en Cisjordanie, le général Yoav Mordechaï ainsi que des parlementaires à la Knesset.

La nouvelle a fait grand bruit et a suscité sur les réseaux sociaux saoudiens et arabes des commentaires à tonalité très négative. Du coté des médias israélien, on a salué cette "brèche" venant d'un homme présenté comme un "conseiller familier" de la monarchie saoudienne et dont le voyage à Jérusalem n'aurait pu avoir lieu, selon eux, s'il n'avait pas été approuvée par Ryad.

Le ministère israélien des affaires étrangères avait annoncé cette rencontre qualifiée dans des médias occidentaux de "frémissement diplomatique" dans les relations entre Israël et l’Arabie saoudite.

Ryad a pris cependant ses distances en indiquant que la visite de l'ancien général saoudien dans les "territoires occupés" ne reflétait pas la position du gouvernement. Cette prise de distance a été exprimée avec beaucoup de vigueur, hier, par l’ambassadeur saoudien à l’ONU, Abdallah Yahya Al-Mouallimi, dans un article publié dans le journal Al Madina, intitulé les "normalisateurs tambourineurs."

abdallah yahya al mouallimi

L'ambassadeur Yahia Al-Mouallimi

Les "tambourins de la normalisation"

L’article ne cite pas nommément le général Ashki et fait référence aux fameux poèmes contre la normalisation de Nizar Kibani, "Al Mouharwiloune" et d'Amal Dankal "la toussalih" (ne fraternise pas!). Mais pour les observateurs il ne fait guère de doute que la mise au point, très sévère, est adressée au général Ashki.

"La nation arabe fait face à une poignée de défaitistes qui prétendent se draper du manteau de la rationalité et de la modération, nous pressent d’accepter le fait accompli et de faire face à la réalité. Ils oublient ou feignent d’oublier que la première des réalités est que les mains que nous tendent les israéliens sont encore pleines du sang des Palestiniens."

L’ambassadeur saoudien estime qu’on peut trouver des excuses à ceux qui demandent aux "arabes de se rendre à Al Qods Echarif ou dans les territoires occupés en réponse aux demandes de nos frères Palestiniens afin de les soutenir et de montrer l’attachement des arabes et des musulmans à leurs droits sur la mosquée Al Aqsa et autres lieux saints."

Mais, poursuit-il, il est inacceptable que cela aille jusqu’à "organiser des réunions avec des responsables sionistes, impliquer le nom du royaume d’Arabie saoudite et exploiter un grade honorifique militaire pour prétendre avoir une position spéciale qui n’existe pas."

Tout cela dépasse les "limites du raisonnable et de l’acceptable", écrit-il, surtout si on y ajoute des rencontres avec la presse où ces gens-là ne "savent s’exprimer ni en anglais, ni même en arabe et en arrivent à répéter des arguments creux, sans signification, sans logique, si ce n’est de donner d’eux-mêmes et du pays une image caricaturale et honteuse."

Les "normalisateurs", écrit l’ambassadeur saoudien, n’ont le droit de "parler au nom de personne" et encore moins de prétendre représenter quelqu’un. "Ils ne sont que joueurs de tambours dans la troupe d’Ali Salem (un écrivain égyptien défenseur de la normalisation avec Israël), de Saad Haddad (fondateur de l’ALS au sud-Liban et collaborateur d’Israël) et d’autres qui sont tombés de la mémoire de l’histoire après être tombés du registre de l’honneur et de la dignité."

Fort heureusement, conclut-il, l'Arabie saoudite "n'a pas connu jusqu’à maintenant des gens de ce genre et les réactions nationales, populaires et officielles, leurs ont montré qu’ils n’ont pas ramené de ce voyage que honte et déshonneur"

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